On l’avait oublié depuis 1979, l’industrie alimentaire mérite une approche transversale, pluridisciplinaire, autant dire interministérielle. C’est donc une sorte de révolution pour le ministère de l’Agriculture que de ne plus être tout seul en charge de la tutelle des industries alimentaires. Côté entreprises, le changement est sans doute passé inaperçu pour la bonne raison qu’on n’entendait plus beaucoup parler d’elles rue de Varenne faute d’expertise, de temps et d’argent à leur consacrer. Mais si le ministère de l’Industrie, qui partage cette tutelle depuis la formation du gouvernement Villepin, avait vraiment pris le relais, cela se saurait. En fait, le pari est maintenant que la Délégation interministérielle dédiée aux IAA se fasse une place dans les circuits de décision. Nicolas Forissier n’en doute pas un instant et s’y attelle avec la même persévérance que lorsqu’il lançait le PNDIAA. En se posant en militant de toutes les causes qui peuvent agiter l’agroalimentaire, le nouveau délégué a du pain sur la planche. A commencer par la mobilisation des PME à l’export alors que vient d’être arrêté un plan stratégique commun entre Agriculture et Commerce extérieur.
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Mais on ambitionne aussi à la Délégation d’ouvrir des voies nouvelles pour développer la chimie végétale et de s’immiscer dans tous les débats de société qui tournent autour de l’alimentation. Cela risque ici de poser de nouveaux problèmes interministériels plus larges que prévu : à faire regretter que l’on n’ait pas prévu de lien étroit avec le ministère de la Santé.