Les ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique, Stéphane Travert et Nicolas Hulot, devaient mettre en place une instance chargée de surveiller la bonne marche du plan de sortie du glyphosate en réunissant le 22 juin l’ensemble des acteurs, selon le ministère de l’Agriculture.
Syndicats agricoles, industriels, distributeurs, services de l’État, coopératives, chambres d’agriculture et instituts de recherche et d’innovation étaient invités, en présence de parlementaires et de représentants des régions, sous l’égide des deux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique, à débattre sur le plan de sortie du glyphosate le 22 juin. En tout, une soixantaine de personnes devaient se réunir à Paris, dans une annexe de Matignon, pendant deux heures.
Cette réunion vise à mettre en place un comité de suivi ou une « task force » chargée de suivre la progression de la sortie du glyphosate, avec une composition et une fréquence de points d’étape qui devait être précisée. « Chacune des filières va devoir préciser, dans le cadre de ses objectifs de réduction des phytos, ce qu’elle va faire pour le glyphosate spécifiquement », a-t-on indiqué dans l’entourage du ministre de l’Agriculture.
« Demain (22 juin, ndlr) avec Stéphane Travert, on réunit tous les acteurs de la filière et si jamais on n’est pas en situation de réaliser cet objectif en trois ans, on reviendra à la loi », a indiqué Nicolas Hulot sur l’antenne de France Info.
L’Assemblée nationale a rejeté fin mai des amendements, y compris LREM, qui visaient à graver dans la loi Agriculture et alimentation cette sortie du glyphosate en 2021, le gouvernement voulant éviter que les agriculteurs paient seuls le surcoût lié au retrait de l’herbicide.
Trois cas de dérogations
Emmanuel Macron, interpellé le 20 juin en Bretagne par des agriculteurs, s’est déclaré pour sa part « convaincu » que « 80 % à 90 % des cas » d’utilisation du glyphosate étaient gérables par d’autres solutions. « Il y a des alternatives manuelles et d’organisation, mécaniques, des alternatives avec d’autres produits naturels qu’il faut qu’on homologue et dont on doit regarder les propriétés, mais c’est faux de dire qu’il n’y a pas d’autres solutions », a dit le président, qui souhaite « sortir des guerres de tranchées sur ce sujet ».
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De son côté avant de rejoindre le périple du chef de l’État, Stéphane Travert a évoqué sur Europe 1 trois types d’agriculture au moins qui seraient à même de bénéficier de dérogations en cas d’interdiction du glyphosate d’ici trois ans : l’agriculture de conservation, l’agriculture en terrasse, notamment dans les vignes de l’est de la France, et « l’agriculture qui concerne la production de fruits et légumes destinés à l’industrie », laquelle interdit toute mauvaise herbe à tout moment dans les cultures.
« Chacune des filières va devoir préciser, dans le cadre de ses objectifs de réduction des phytos, ce qu’elle va faire pour le glyphosate spécifiquement »
Stéphane Travert identifie trois types d’agriculture qui pourraient faire l’objet de dérogation à l’interdiction du glyphosate
Les députés lancent une mission sur le suivi de la sortie du glyphosate
Le 20 juin, à l’Assemblée nationale, le bureau de la commission du développement durable et celui des affaires économiques ont annoncé la création d’une mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate. Il se composera de 18 membres, dont 10 LREM, 3 LR et un député de chacun des autres groupes. Alors que de la commission du développement durable s’est réunie le matin même dans le cadre de la présentation du rapport sur la mission d’application de la loi biodiversité, sa présidente, Barbara Pompili, a annoncé l’envoi d’un appel à candidature auprès des groupes politiques. En parallèle, la commission des affaires économiques ouvrait aussi sa séance relative à une proposition de résolution européenne sur une agriculture durable par cette annonce. Son président, Roland Lescure, a déclaré : « Je souhaite personnellement qu’au-delà de la "transpartisanerie"» et de la "transcommission", les différentes sensibilités sur ce sujet compliqué soient représentées. »