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Restructuration/Volailles Sortie du redressement judiciaire pour Doux

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Le tribunal de commerce de Quimper a validé, le 29 novembre, le plan de continuation du groupe volailler Doux (Châteaulin, Finistère). Il avait été placé en redressement judiciaire, le 1er juin 2013.

Durant cette période, Doux a profondément restructuré son business. Il a fermé son pôle frais et licencié près de 1000 personnes. Le volailler pèse aujourd’hui 500 millions € de CA dont 80 % pour le grand export et détient des marques fortes : Doux pour le grand export (Moyen-Orient surtout) et Père Dodu dans l’élaboré. Il emploie 2100 personnes. Dans leur jugement, « les mandataires judiciaires relèvent que la période d’observation a été marquée par un travail important du management, l’arrivée d’un investisseur (NDLR : D&P a pris 52,5 % du capital en convertissant la créance Barclay’s) et la présence d’un client important (NDLR : la société saoudienne Almunajem détient 25 % du capital). » Le passif du groupe Doux à l’entrée dans la procédure se chiffrait à plus de 300 millions €. Il a été rammené à 75 millions €, remboursable selon deux options : 15 % immédiatement pour solde de tout compte, ou 100 % étalé sur dix ans. Reste une incertitude liée au sort des créances de la société brésilienne Frangosul, ex-filiale de Doux SA, et des « conditions de participation d’Almunajem », dit le tribunal de commerce dans son jugement. Le saoudien ne devrait entrer dans le capital qu’en début d’année, le temps de convertir en actions une avance consentie à Doux en 2012. Dans son plan de continuation, Doux SA s’est engagé à investir dans ses outils 80 millions € d’ici à 2020 pour gagner en compétitivité, et ainsi compenser la mise à zéro des restitutions à l’exportation. Il a aussi fourni des garanties commerciales à dix ans, notamment en « s’appuyant sur l’arrivée du client Almunajem qui renforcera le développement commercial au Moyen-Orient et sur des perspectives commerciales en Afrique s’agissant du congelé et d’une plus forte présence auprès des MDD ». Au vu des prévisions et garanties que lui ont apporté les actionnaires de Doux, le tribunal estime que Doux se trouve en capacité d’obtenir à court terme « des résultats positifs et une trésorerie en adéquation, alors même que que les restitutions à l’exportation sont supprimées et cela sans prendre en compte l’impact positif des mesures annoncées par Bruxelles ». Enfin, en ce qui concerne le business de Père Dodu, et en particulier de sa filiale Soprat (La Vraie Croix, Morbihan), Doux a promis des investissements (5 millions € pour les cinq prochaines années). Et, sur ce dossier là aussi, il s’est engagé à procéder à « l’arrêt des produits déficitaires, une nouvelle politique d’achat et le développement de la marque Père Dodu. » Doux envisage même des contrats de licence de marque. Les syndicats notent que l’exercice 2014 pourrait être l’année de tous les dangers. Le tribunal, lui, estime que « la stratégie mise en place pourrait devrait permettre de paser ce cap ».
 
La FGA-CFDT pour un renforcement de la formation des salariés
Dans un communiqué, le syndicat FGA-CFDT prend acte de l'entrée dans le capital de Doux du groupe saoudien Almunajem, son premier client, et de la holding de la famille Calmels, mais dit rester très vigilante sur l’évolution sociale et économique au sein du groupe, à court comme à long terme. Elle demande que la nouvelle gouvernance mette tout en oeuvre pour sortir au plus vite de la dépendance des restitutions européennes, comme elle le demande depuis de nombreuses années. Elle insiste également pour le plan « comporte également un volet social et s’inscrive dans un périmètre constant d'emplois ». Elle fait remarquer que beaucoup de salariés licenciés l'année dernière n'ont toujours pas retrouvé un emploi.

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