A l’heure où l’on se congratule pour des vœux, tout le monde n’est pas à la fête. Les milieux agricoles ont ainsi eu la mauvaise surprise de recevoir de Bruxelles des menaces à peine voilées sur la perspective d’un PAC forcément «amincie» en 2013. Que le propos soit de Mariann Fischer Boel, commissaire à l’agriculture, qu’il ait transité par la presse britannique, ajoute au malaise. Sans doute, l’Europe, désormais élargie à 27 membres, va peut-être éviter de trop bousculer pendant les six mois de présidence allemande les pays confrontés comme la France à des échéances électorales majeures. Mais après, les réformes annoncées - organisation commune du marché du vin, OCM fruits et légumes - ne tarderont pas indéfiniment. Et l’on sait dans quel état d’esprit ces changements se préparent … Dans un registre certes un peu moins tendu, l’industrie agroalimentaire cultive aussi la suspicion. Ce n’est pas pour rien que le lobby européen de la CIAA saisit la présidence allemande dès sa prise de fonction. Avec un leit-motiv lancinant tout au long de son memorandum : que l’arbitrage politique l’emporte sur un certain dogmatisme de la Commission. Et ceci concerne trois urgences principalement : débloquer les négociations multilatérales à l’OMC, laisser le temps à l’autodiscipline des industriels de produire ses effets sur le terrain nutritionnel plutôt que de légiférer davantage, et aboutir à un droit alimentaire simplifié mais réellement appliqué par tous. On le voit, l’industrie agroalimentaire n’ose parler de la PAC comme si son sort n’en dépendait pas au premier chef. Mais sur ce plan les situations sont trop diverses pour parler d’une seule voix.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.