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SOUPES/STRATÉGIE Soup'Idéale passe de l'artisanat à l'ère industrielle

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Soup'Idéale a choisi de se positionner sur le créneau des soupes en briques aseptiques sous marque de distributeurs et multiplie ses références. Cette stratégie est l'aboutissement d'une longue réflexion stratégique initiée en 2010.

« L'innovation est au cœur de nos convictions ! », lance Eric Delcroix, directeur général de Soup'Idéale en recevant un groupe de journalistes dans ses locaux de Feuchy situés près d'Arras (62). « On a choisi de s'orienter principalement vers la production de soupes prêtes à l'emploi conditionnées en briques aseptiques ». Après s'être largement diversifiée (soupes fraîches, appertisées, salades de fruits Fruit'Idéale), cups de soupes, soupes hyperprotéinées pour les seniors, purée de légumes (Primeurettes) en partenariat avec le suisse Reitzel…, la PME se recentre désormais sur son cœur de métier en assurant son positionnement principal sur les soupes en briques UHT sous atmosphère aseptique. Elle vise en priorité le marché des MDD.

LE MEILLEUR PROCESS

C'est au terme « d'une réflexion stratégique de deux ans » et avec l'appui « de compétences extérieures » que Soup'Idéale a pris un tournant que ses dirigeants considèrent comme déterminant. « Nous avions bien pensé sortir à un moment donné de la soupe », reconnaissent-ils cependant. L'entreprise a étudié son produit et son marché : « Un approvisionnement en légumes ciblé, une cuisson douce, une stabilisation rapide, un traitement aseptique avec une flash pasteurisation du produit permise par la nouvelle ligne Tetra Pak… ». « Nous avons cherché le meilleur process adapté à notre produit », confirment-ils.

« Ce process est unique en France et respecte le produit, car trop de cuisson le dénature, et trop d'ingrédients dénature la recette », précise de son côté Eric Del-croix. Dans cet univers dominé par deux géants agroalimentaires (Campbell Soup et Unilever), il fallait en effet trouver sa place et assurer sa pérennité. « On veut garder ce côté soupe fraîche, la conditionner dans une brique en carton qui puisse se garder plusieurs mois sans altération du goût ».

Tetra Pak a répondu à ces exigences avec cette ligne de production de soupes en continu après flash pasteurisation qui permet de conditionner 7000 UVC/heure. À charge pour Soup'Idéale de mettre au point les recettes et de gérer les matières premières, tout en maîtrisant les process. Ce fut la mission de Philippe Ferellec. Cet ancien étoilé a passé 30 ans dans le monde de la soupe dans l'usine Danone du Pontet située près d'Avignon passée en 1998 sous la bannière de Campbell Soup (1). Il pilote depuis 18 mois le nouveau centre culinaire de Soup'Idéale. « L'entreprise est véritablement devenue apporteuse de solutions et innovante dans ces recettes », reconnaissent les dirigeants.

« ON A QUITTÉ L'UNIVERS DE L'ARTISANAT »

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Eric Delcroix, ancien dirigeant de l'Européenne de Gastronomie, avait racheté cette PME en grande difficulté financière, avec l'aide de Jean-François Loué, actuel président du conseil d'administration, en 2003. À l'époque, la PME produisait des soupes que la société Emig du Quesnoy (59) lui conditionnait à façon. En 2010, les deux dirigeants procèdent à une augmentation de capital de 1,8M€ souscrite par des personnes physiques, Finorpa, Arkeon Finance et Arkeon Gestion et qui leur permet de financer un ambitieux programme d'investissements d'environ 6M€.

A l'époque, la PME réalisait un chiffre d'affaires de 8M€ tout en produisant 8 000 t de soupes. Trois ans plus tard, Soup'Idéale en commercialise 15 000 t, soit environ 12 millions de litres, et annonce une croissance annuelle moyenne des ventes de 15 %. La ligne UHT Tetra Pak, la légumerie ainsi que le centre culinaire (cuisine laboratoire) constituent désormais le moteur de cette nouvelle croissance. « Depuis notre investissement dans cette nouvelle ligne Tetra Pak, Soup'Idéale a désormais quitté l'univers de l'artisanat pour entrer de plein pied dans le monde industriel », reconnaît Eric Delcroix.

Cette nouvelle ligne, qui a nécessité des mois de mise au point, permet aujourd'hui une production de soupes en continu. « En fonction de la saison, nous pouvons en effet travailler 3 jours d'affilée pour la production de grandes séries. Mais on est persuadé qu'en termes de goût, on est meilleur que nos concurrents ! », conclu Eric Delcroix.

(1) Le groupe américain Campbell Soup a revendu en décembre 2013 une partie de ses activités européennes (hormis celles du Royaume-Uni et d'Irlande) au fonds d'investissement CVC Capital Partners. Cette transaction a concerné les sites français du Pontet (marques Royco et Liebig), belge de Puurs (Devos Lemmens), allemand de Lübeck (Erasco) et suédois de Karpalund (Bla Band).

PORTRAIT DE L'ENTREPRISE NORDISTE

Créée en 1962 à Boulogne-sur-Mer, Soup'Idéale s'est installée dans de nouveaux locaux de 5 000 m2 sur 5 ha de terrains sur la ZI Artoipôle d'Arras en 1995. Cette PME de 50 salariés devrait produire 15 000 t de soupes en 2014, dont 80 % en briques aseptiques. Les soupes en bouteilles plastiques et verre (bio) ne sont destinées qu'au marché régional. Elle transforme environ 20 000t/an de légumes qu'elle achète essentiellement dans le Nord-Pas de Calais et en Flandre. Elle réfléchit actuellement à un approvisionnement à long terme en tomates avec le Maroc.

Le marché de la soupe sous MDD représente les 2/3 de la production annuelle de Soup'Ideale dans un marché français où les MDD ne représentent que globalement 20 % des volumes commercialisés. Soup'Idéale travaille avec toutes les enseignes de la GMS à l'exception de Carrefour et de Casino. Leclerc, (plus de 20 références), Système U et Aldi sont ses principaux clients ainsi que Colruyt en Belgique.