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Produits laitiers/stratégie Soupir de soulagement chez l’allemand Nordmilch

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Le secteur laitier est confronté partout en Europe à l’électrochoc de la réforme de la PAC : les coopératives françaises ne sont pas les seules à chercher comment s’adapter, à en juger par la stratégie de l’allemand Nordmilch présentée à Paris la semaine dernière.

La menace de voir un nouveau géant du lait à leurs portes en cas de fusion d’Arla et de Campina sous-tendait tous les propos de la dernière assemblée de la FNCL : l’abandon de ce projet, connu en toute dernière minute a provoqué un soupir de soulagement. « C’est une bonne nouvelle pour nous comme pour vous », a aussitôt commenté l’un des invités, patron du groupe allemand Nordmilch : « Elle donne un répit qu’il reste à exploiter sans attendre ».

Premier groupe laitier allemand, Nordmilch n’est que numéro 5 en Europe et n’est pas encore prêt à se mesurer à de tels géants. Il craignait une guerre des prix que n’aurait pas eu de mal à lancer Campina (déjà présent en Allemagne avec un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros mais un cash flow conséquent au niveau du groupe). Il a profité de cette tribune pour se dire « ouvert à des partenariats avec des groupes français ».

Un ambitieux plan 2008

Présentant sans fard sa stratégie 2004-2008 à ses homologues français, Stephan Tomat, directeur général du groupe coopératif allemand, a été d’autant plus écouté qu’il venait de déplorer l’échec récent de son rapprochement avec le groupe Humana, n°2 dans son pays.

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L’auto-diagnostic livré par le responsable est sévère, mais s’explique de la part d’un ancien cadre de multinationales (Nestlé, Kraft) : Nordmilch ne produit pas assez de valeur avec ses 3 900 salariés pour un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros, ses ventes sont trop axées sur le marché intérieur allemand où domine le hard discount et où les marges sont les plus basses d’Europe. S. Tomat se félicite au moins d’avoir obtenu les coudées franches pour réorienter l’entreprise puisque, au sommet, il n’y a plus de producteurs au directoire mais seulement au conseil de surveillance. La nouvelle stratégie mise en œuvre vise pourtant, assure-t-il, à améliorer par paliers le prix du lait (3 centimes de mieux en 2008). Les moyens ? réduction des coûts de

120 M EUR en fermant 8 usines (1 785 emplois de moins), redéploiement de l’activité en faveur des fromages (passer de 155 000 à 190 000 tonnes) et des ingrédients, recentrage sur une seule marque (Milram), développement de la R&D, et croissance à l’international (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Asie du sud-est) pour combler ce qu’il juge être l’immense retard des coopératives allemandes.