Des marchés porteurs, des éleveurs en proie à une hausse des coûts de production : « La filière laitière est partagée en deux mondes », déplore la FRSEA de l’Ouest, réclamant de meilleurs prix. Un message relayé par les coopératives.
Dans un communiqué du 25 mai, la section laitière de la FRSEA de l’Ouest demande aux transformateurs une « réaction immédiate sur le prix du lait ». Celui-ci « doit réellement tenir compte des coûts de production », et « les marchés actuels doivent également se retrouver dans le prix », insiste l’antenne régionale du syndicat majoritaire. Une manière de mettre la pression sur Lactalis, qui avait annoncé le 18 mai une « hausse significative » pour 2021 du prix du lait, « tiré par les marchés internationaux ». La FRSEA rappelle que « la valorisation beurre/poudre a augmenté de plus de 90 € aux 1 000 litres en un an », et que le marché intérieur français est « toujours porteur ». Comme le dénonce le syndicat, les laiteries « sous prétexte de saisonnalité, ne sont pas au rendez-vous du prix au printemps » (pic de production). Les éleveurs « ne voient pas le prix du lait progresser », alors que leurs charges augmentent : « L’indice Ipampa a augmenté de 5,9 % sur une année, il est à son plus haut niveau historique », prévient la FRSEA. Et d’alerter sur les conséquences déjà « visibles » de cette conjoncture : « baisse de la production (-1,5 % sur le 1er trimestre 2021/2020), baisse du cheptel laitier (moins 22 000 vaches en un an dans l’Ouest), découragement des producteurs notamment des plus jeunes ».
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Les coopératives se tournent vers l’aval
De son côté, la Coopération laitière alerte aussi sur la flambée « exponentielle » des prix des matières premières, qui « implique nécessairement d’aller chercher de la valeur à l’aval », estime son président Damien Lacombe, cité dans un communiqué du 26 mai. Cette hausse sur fond de difficultés logistiques dues à la pandémie provoque des « charges incompressibles qui fragilisent les associés-coopérateurs sur leurs exploitations et les coopératives laitières », indique la fédération. Les coopératives pointent, pour le maillon élevage, le renchérissement de l’alimentation animale « avec une forte inflation des cours mondiaux des protéines et des céréales (+30 % sur le coût de la protéine) ». S’y ajoute au stade transformation la hausse des prix des emballages, notamment plastiques « avec des variations allant de 1/3 et jusqu’à doubler pour certains matériaux ». « Les volumes plastique transformés correspondent à 81 % de la collecte des coopératives dont 45 % du lait produit en France », rappelle la Coopération laitière. Les coopératives, qui collectent 55 % du lait français, sont aussi pénalisées par la hausse du cours du pétrole (+30 % environ en un an).