Il faut souvent se référer aux chiffres. Ainsi, alors qu’en 1999 l’ensemble des aides publiques à l’agriculture équivalaient à 13,6 milliards d’euros (3,7 de l’Etat français, 9,9 de l’Europe), en 2010 cette contribution a représenté 16,5 milliards (6,8 de la France et 9,7 de l’UE). Le retrait des pouvoirs publics tant annoncé pour l’après Pac est donc loin d’être aujourd’hui une réalité. Ces aides se sont accrues, alors même que le nombre d’agriculteurs a eu tendance à baisser, il faut le reconnaître. Il n’y a pas de désengagement de l’Etat, ce qui ne préjuge pas de ce qui se passera à l’avenir.
Et pourtant, la situation des agriculteurs est plus incertaine que jamais. Dans les comptes de l’agriculture, l’Insee constate qu’un quart des exploitations ont un résultat négatif contre un dixième en 2001. 
L’explication réside sans doute dans la nature de ces aides. Depuis 2001 on assiste à une baisse continue des crédits d’orientation. De 92 millions d’euros en 2001 ils passent à 40 millions pour la ligne « organisation et modernisation des filières ». Concernant l’installation, la modernisation et la maîtrise des pollutions, les soutiens passent de 263 millions à 198 millions en 2010. Quant aux aides à la transformation des produits agricoles, de 52 millions en 2001 elles ont quasiment disparu aujourd’hui (6 millions en 2010).
La leçon est claire : les crédits d’orientation, qui pourraient agir sur les structures et la capacité à s’inscrire solidement dans les marchés, sont en réduction. Pas étonnant qu’il faille alors plus d’aides conjoncturelles pour faire face aux difficultés. Faute d’orienter et d’agir sur les structures, il faut de plus en plus jouer au pompier.

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