Lors d’une conférence de presse le 12 octobre, la porte-parole de la Confédération paysanne Laurence Marandola a dénoncé un « dévoiement de la définition de la souveraineté alimentaire » dans le cadre de l’élaboration du projet de loi d’orientation agricole (LOA). D’après elle, l’avant-projet de texte prévoit de définir, en préambule du Code rural, cette notion comme étant « la capacité de la France à assurer son approvisionnement alimentaire dans le cadre du marché intérieur de l’Union européenne et de ses engagements internationaux ». Une définition d’une « souveraineté inféodée aux marchés », qui peut être utilisée pour « promouvoir les accords de libre-échange ». La Confédération paysanne défend la définition des Nations unies dans la Déclaration des droits des paysans de 2018 : « Le droit des peuples de définir leurs systèmes alimentaires et agricoles et le droit à une alimentation saine et culturellement appropriée produite avec des méthodes écologiques et durables respectueuses des droits de l’homme. » Une définition inspirée du concept formalisé par la Via Campesina en 1996.
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Outre des amendements dans le cadre de la LOA, la Conf’ lance une campagne sur ce sujet, qui a démarré le 14 octobre avec une séquence sur les énergies renouvelables (mobilisation contre le « méthaniseur XXL » de Corcoué-sur-Lorgne, en Loire-Atlantique). Elle durera jusqu’à début 2024, avec des colloques, visites de ferme et réunions publiques. Plus largement, Laurence Marandola regrette que l’avant-projet de LOA ne « mentionne pas d’ambition chiffrée » en matière de renouvellement des générations. Et Thomas Gibert, secrétaire national du syndicat, de préciser : « On milite pour l’installation d’un million de paysans, mais si on veut généraliser l’agriculture paysanne, c’est 2,5 millions qu’il faudrait. »