Spéculation : un mot qui était naguère synonyme de production en agriculture. Sans doute parce qu’à l’origine, il y avait une notion de pari ou de spéculation à vouloir se lancer dans telle ou telle production. Du fait, peut-être, de la stabilisation des marchés, à la faveur de la politique agricole commune ou encore du rôle des coopératives prenant en charge le risque économique, le terme est tombé en désuétude. Le dernier Larousse agricole ne le reprend pas.
Il pourrait bien redevenir d’actualité. D’une part, les prix de plus en plus erratiques des produits agricoles remettent plus d’incertitudes dans l’investissement agricole ; d’autre part, et c’est le plus inquiétant, la tentation devient grande, pour un nombre croissant d’exploitants, de jouer en solo en se passant de leur coopérative pour vendre leur production. Quand les prix sont à la hausse, c’est séduisant. Mais il y a deux écueils qui rendent cette spéculation dangereuse.
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D’une part les prix baisseront un jour ; les marchés deviennent plus risqués que naguère. D’autre part, l’heure est à des efforts de qualité, de plus grand respect de l’environnement, d’innovation, d’investissement dans la certification ou dans des labels de toutes sortes qui doivent apporter un peu plus de valeur ajoutée. Y aller seul, sans conseil ou sans action collective, est bien difficile. Il faut des partenaires. Les coopératives en sont, de même, sans doute, que certains négociants ou industriels qui peuvent être des alliés fidèles.
À l’heure de la mondialisation et des retournements soudains des marchés, il peut paraître bien présomptueux d’espérer gagner sa vie en s’aventurant seul sur les marchés. Laissons la spéculation aux spéculateurs. Il y en a déjà suffisamment.