Lundi 8 juin, à contre-courant des principales Bourses européennes, Diageo s'est distingué à la Bourse de Londres par un bond en avant de près de 7%. Un mouvement spéculatif lié à une info parue sur le site de l'hebdomadaire brésilien Veja, évoquant l'intérêt de l'homme d'affaires Jorge Paulo Lemann, via son fonds 3G, pour le leader mondial des vins et spiritueux. Ni le milliardaire helvético-brésilien, déjà propriétaire notamment du principal brasseur mondial Anheuser-Busch InBev (et ses marques Stella Artois, Budweiser, Corona…) ni Diageo, à la tête des 7 premières marques du top 20 mondial des spiritueux (vodka Smirnoff, whisky Johnnie Walker…) n'ont fait de commentaire.
Les analystes financiers, en revanche, ont tous ou presque, avancé leur scénario. Il faut dire que l'opération est de taille, puisque Diageo affiche une capitalisation boursière supérieure à 65 milliards d'euros, et qu'elle ne serait pas sans avoir quelques répercussions sur l'ensemble du secteur des vins et spiritueux.
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Il est clair qu'AB InBev trouverait avec les marques de bière de Diageo, dont Guiness, un allié de poids pour conforter ses positions mondiales, notamment en Afrique. Une opération qui certes trouve une certaine logique sur le papier, mais laisse pourtant sceptiques plusieurs analystes, qui doutent en effet de la capacité du fonds 3 G à réussir à créer de la valeur dans une fusion entre Diageo et ABInBev. A moins évidemment de céder des actifs. Et pourquoi pas dans ce cas, choisir de conserver les spiritueux et de céder la bière ? Une branche qui pourrait alors intéresser le brasseur SabMiller. Preuve que la concentration dans le secteur, même si de nombreuses opérations ont déjà eu lieu ces dernières années n'est pas terminée et la spéculation qui va avec non plus. Affaire à suivre.