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Sandwich/Acquisition Speedwich change de mains

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La société Speedwich, située à Brévières dans le Nord-Pas-de-Calais, change de main, après avoir frôlé la liquidation judiciaire. Les deux nouveaux propriétaires, accompagnés par des investisseurs, ont bien l’intention de capitaliser sur un outil récemment remis à neuf et encore sous-exploité, qui garantit à l’entreprise une flexibilité et une réactivité indispensables à sa stratégie de différenciation et de diversification.

Après 6 mois de redressement judiciaire, le tribunal de commerce d’Arras a finalement opté pour une reprise de l’activité plutôt qu’un plan de continuation. Pierre Rouvre, ex-p-d.g., vient donc de céder sa société, Speedwich  cf Agra Alimentation n° 1875, du 10 mars 2005, p. 23, à deux professionnels issus de l’industrie agroalimentaire dont Philippe Dailly. Dans cette aventure, ils sont accompagnés par des investisseurs privés ou institutionnels. Les deux repreneurs seront opérationnels dans l’entreprise de Brévières (Pas-de-Calais) et détiendront la majorité du capital. Ils ont notamment bénéficié du soutien de Croissance Nord Pas de Calais, fonds d’investissement spécialisé de la région. Le montant de la transaction est maintenu secret.

L’équilibre retrouvé

« Nous allons davantage positionner l’entreprise sur des marchés de niche que sur des marchés très bataillés à gros volumes», explique Philippe Dailly, qui a bien conscience de ne pas avoir la compétitivité suffisante pour se battre sur des produits basiques, notamment en GMS, qui ne représente plus à l’heure actuelle que 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, contre 90 % pour le secteur RHD. Une volonté sans doute de limiter une dépendance à la grande distribution, alors qu’un déférencement quelques mois plus tôt avait conduit au redressement judiciaire de la société. Après un chiffre d’affaires 2004 de 7 millions d’euros, contre 7,6 M EUR un an plus tôt, les nouveaux repreneurs veulent se donner le temps de remettre l’entreprise sur les rails, au moment où elle vient tout juste de retrouver l’équilibre. Sur les douze prochains mois, Philippe Dailly prévoit 8 M EUR de ventes. L’objectif de 10 M EUR de chiffre d’affaires est maintenu, mais l’entreprise se donne aujourd’hui trois ans pour l’atteindre, avec à terme un résultat net situé entre 3 et 5 % du chiffre d’affaires, « conformément à la moyenne du secteur agroalimentaire».

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1 M EUR injecté dans l’entreprise

Pour atteindre cet objectif, Speedwich peut compter sur un outil de production remis à neuf, qui avait bénéficié d’un investissement de 1,2 M EUR de la part de son précédent propriétaire et avait vu sa capacité doubler pour atteindre 80 000 pièces par jour. Un plafond encore très loin d’être atteint, puisque l’entreprise produit aujourd’hui en moyenne 30 000 à 40 000 pièces par jour. En plus de cette grande marge de manœuvre, les nouveaux investisseurs apportent 1 M EUR supplémentaires à l’entreprise. « Nous réinjectons des fonds importants, explique ainsi Philippe Dailly. Un plan d’investissement est prévu sur les trois prochaines années afin d’améliorer la productivité de la société et de la repositionner sur certains marchés qui ont dû être abandonnés ». L’investissement prévu sera notamment consacré au déploiement d’une nouvelle ligne d’assemblage qui viendra renforcer la flexibilité et la réactivité de l’entreprise, points forts de Speedwich et qui lui permettent de proposer des produits très spécifiques et différenciés des produits les plus basiques.

Fusion de Speedwich avec Panitrade

Si Speedwich a l’intention de redéployer son activité GMS, celle-ci ne devra jamais dépasser 30 à 40 % de ses ventes. La volonté affichée par les deux associés est de maintenir un équilibre entre la grande distribution et la RHD, tout en développant d’autres marchés spécifiques, comme les circuits spécialisés surgelés. La marque propre et le travail à façon, qui pèsent de manière équilibrée dans l’activité, seront soutenus à part égale. Déjà présente en hard-discount, Speedwich n’est pas hostile à y maintenir sa présence. Mais sur un secteur investi par de grands groupes – Sodebo et Daunat en tête – les nouveaux arrivants restent convaincus que le salut passe par la différenciation et la diversification. L’accompagnement par des investisseurs leur garantit de pouvoir lever des capitaux nécessaires afin d’améliorer l’outil et d’investir des marchés plutôt de niche que de volumes importants, pour lesquels Speedwich n’est pas armé. Si l’ancien propriétaire, Pierre Rouvre, a quitté l’entreprise la semaine dernière, l’équipe reste en l’état et l’effectif de 80 personnes est conservé. Seul changement, la filiale de production de pain, Panitrade, est désormais fusionnée avec Speedwich en une seule entité.