Benoît Hamon, ministre délégué à la consommation et responsable à ce titre de la direction de la répression des fraudes, l’avait annoncé sur un ton assez désabusé, dès les premières révélations du scandale dit de la viande de cheval : d’autres fraudes n’étaient pas à exclure. Son pressentiment, sans doute étayé par de bonnes informations, s’est malheureusement révélé vrai. Il s’agit cette fois de viande de mouton, mais la tromperie est plus inquiétante car à la différence du cheval vendu pour du bœuf, il y dans cette nouvelle affaire un risque sanitaire. Celui-ci est lié à une technique de découpage de l’animal bannie depuis longtemps. On passe donc dans une nouvelle gamme de délit et l’on peut se demander si cette spirale aura une fin. La réprobation est, une nouvelle fois unanime, chacun se disant choqué et consterné par une fraude qui va affecter des milliers d’honnêtes gens pour le mauvais comportement d’une poignée de margoulins. L’argument aura d’autant plus de poids que ce sont quasiment les mêmes acteurs que l’on retrouve au cœur de ces deux affaires : la société Spanghero qui doit encore profiter du bénéfice du doute et un intermédiaire, unanimement qualifié de trader, à qui ce bénéfice du doute n’est même pas octroyé, ses antécédents étant largement mis en avant. Les coupables sont donc montrés du doigt et vont porter le chapeau, comme l’ont fait d’autres traders dans les scandales bancaires. Mais là où le bât blesse, c’est que ces deux affaires françaises sont multipliées dans toute l’Europe, éclaboussant même des viandes halal. Le problème qui est mis à jour dépasse donc largement la responsabilité de quelques individus peu scrupuleux. Seuls des contrôles stricts, encadrés, non volontaires et plus fréquents, assortis de réelles sanctions dissuasives pourront mettre un terme à ces pratiques qui jettent le doute sur tous, quand bien même ils s’en offusquent haut et fort.
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