Selon Vinéa Transaction, réseau qui regroupe des agences spécialisées dans la transaction de propriétés viticoles, « le marché du foncier viticole ne subit pas aujourd’hui de dépression notoire », malgré « un environnement financier particulièrement perturbé ». Pour le réseau, le bilan de l’immobilier viticole en 2008 est « globalement satisfaisant » malgré la morosité économique, et cette campagne aura été marquée surtout par « la perte de certaines familles d’acheteurs et l’apparition de nouvelles » et des spécificités régionales encore plus marquées que les années précédentes.
Actuellement, le prix des vignes génériques (plus de 70% du vignoble français) est « au point mort », selon l’expression de Michel Veyrier, gérant de Vignobles Investissement dans le sud, une agence appartenant au réseau Vinéa Transaction. Pour des vignobles arrachés et conservant leurs droits de plantation, il faut compter autour de 10 000 €/ha, et 15 000 €/ha environ pour des vignobles en état, selon Michel Veyrier. « Ces prix ne devraient pas descendre plus bas, car ils sont liés au coût structurel de la plantation », précise-t-il. Pour le reste du marché foncier viticole, la valeur des terres et l’évolution des prix « suit une segmentation propre à chaque appellation ».
Les beaux bâtiments ont la côte
Dans les très bonnes appellations, la moyenne des prix ne bouge pas même si les écarts de prix se creusent. Ainsi on va avoir des propriétés de « 300 000 à 500 000 euros/ha en Château-Neuf du Pape, ou de 750 000 à 1,2 million d’euros en Champagne », ajoute-t-il. Pour Michel Veyrier, la notion de propriété, de valeur immobilière des biens, a un « impact positif sur la fermeté des prix, qui ne baissent pas : le beau bâtiment est toujours recherché », précise-t-il.
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La crise financière complique les transactions
Du côté des investisseurs, l’année 2008 fût bonne jusqu’en septembre et un fléchissement de leur nombre est apparu en fin d’année, explique l’agent immobilier. « À partir de là, et à l’approche de la crise financière, ça s’est compliqué ! », avec un durcissement notable des négociations. « Sur les propriétés de deuxième rang qui n’intéressent personne, on a eu des baisses de l’offre à l’achat jusqu’à 40% de la valeur de mise en vente, mais pas de baisse sur les propriétés de qualité », souligne-t-il. Globalement et contrairement à 2007, il y a eu en 2008 un recul des investissements étrangers, même si « il y a un manque de visibilité, notamment sur le marché américain », constate M. Veyrier.
La pierre est une valeur refuge
A ce jour, la crise a eu un effet limité sur les mises en vente. « Pour l’instant, mis à part dans le Bordelais où il y a eu plus d’offres, le nombre de propriétés mises en vente n’a pas augmenté », révèle M. Veyrier. En effet les propriétaires considèrent que « c’est de la pierre, je vais attendre un peu ». Au contraire, du fait du succès du concept de valeur refuge appliqué à la pierre, il y a eu une baisse des produits de base et du prospect. Mais cette tendance n’a pas eu d’influence sur le haut de gamme.