Stef TFE a sauvé son rythme de croissance en France et en Europe malgré un ralentissement des flux qui s’observe du fait de la baisse sans précédent des volumes de la consommation alimentaire. Francis Lemor, P-dg du groupe renonce cette fois à tout pronostic sur la sortie de crise mais annonce un maintien de ses investissements à un niveau élevé, la conclusion de nouveaux contrats logistiques et une acquisition supplémentaire en Belgique.
Stef TFE sort d’un exercice globalement satisfaisant malgré un contexte de crise sans précédent. Le n°1 du transport et de la logistique sous température dirigée a dépassé comme prévu les 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une progression de 7,7 % (+4,4 % à périmètre constant sachant qu’il avait intégré la filiale italienne Cavalieri pour six mois seulement en 2007). Il s’agit là d’une belle performance étant donné la baisse historique du volume de la consommation alimentaire en France comme en Europe (-2,8 % en France hors produits carnés, et -5,1 % pour les produits carnés).
L’activité transport a été la plus dynamique pour le groupe (+9,2 % à 1,3 Md EUR) mais la logistique a été freinée (+3,1 % à 513 M EUR) tout en préservant sa rentabilité opérationnelle.
Dans le transport, l’impact des hausses de carburant a contraint à plus d’efforts commerciaux et d’optimisation des flux : ainsi, un nouveau logiciel TMS, « gage d’efficacité et de traçabilité qui fait gagner de l’argent au client et abaisse nos coûts », selon Bernard Jolivet, vice P-dg délégué, a été mis en place dans toute l’Europe et doit être déployé encore en Italie cette année. 2008 a été marqué par le report des achats en hypermarchés vers le hard discount et les petits supermarchés, ce qui a ralenti les flux logistiques privilégiés de Stef TFE et les industriels ont fortement réduit leurs stocks. Hors de France, l’activité logistique a été positive sauf en Belgique, et bénéficiaire partout sauf en Italie où Cavalieri n’a pas encore amorcé son retournement.
126 M EUR d’investissements
Au total, le groupe affiche des résultats satisfaisants : le bénéfice opérationnel s’est établi à 85,4 millions d’euros, contre 83,2 millions l’année précédente, soit une hausse de 2,7%. La marge se situe à 4,1%, en léger retrait sur l’exercice précédent. L’Ebitda a augmenté de 4,2% à 162,9 millions.
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Stef-TFE explique par une remise en ligne défavorable cette année des normes IFRS la baisse de son résultat net part du groupe, qui s’établit à 40,5 millions d’euros, en baisse de 8,9% par rapport à 2007.
L’endettement du groupe est passé de 308 à 390 M EUR soit un ratio de 1,22 contre 0,99 un an plus tôt. En effet les investissements ont été fortement accrus à 126,4 M et seront maintenus à ce niveau en 2009. Ils porteront notamment sur trois nouveaux sites (pour 26 M EUR) Tavazzano en Italie, Nyons et Vire (en partenariat avec Bongrain), sur des extensions pour 9 M, des aménagements pour 45 M et sur le remplacement des fluides frigorigènes pour se conformer à la réglementation pour 10 M. Des cessions sont prévues dans les six mois à venir, pour quelque 18 M EUR, a précisé le P-dg, Francis Lemor, notamment de deux entrepôts ex-Cryologistic.
Passer au pilotage des flux chez le client
Face à la récession qui est annoncée dans toute l’Europe, le groupe compte s’adapter en réduisant au maximum ses coûts, en retardant le renouvellement de véhicules, par exemple, et en relançant sa dynamique commerciale. Alors que le « mid market » est plus chahuté et volontiers la proie de ses concurrents, Stef TFE table sur les grands comptes. Il vient de conclure de nouveaux contrats logistiques avec la mise en place de cellules dédiées de pilotage des flux chez le client. Ainsi dès le 1 er semestre avec Bigard-Socopa, Gastronome et Mars, le tout pour un montant de 8 M EUR. D’autres sont reconduits, voire amplifiés, avec Bel, Biscuits Bouvard, Mars Surgelés, pour 18 M au total. En Europe, le groupe cite des démarrages avec Carrefour en Galice, Nestlé à Madrid, Lactalis à Milan (soit 12 M) et attend au moins une dizaine de millions en Italie.