En pleine crise de l’élevage, la filière équine reste le parent pauvre des décisions de soutiens publics. Plusieurs facteurs ont contribué à affaiblir ces dernières années cette filière. Stéphane Le Foll a été interpellé sur son avenir par la commission des affaires économiques du Sénat, le 20 octobre.
« Je ne souhaite pas la disparition de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) tant que je serais ministre », a déclaré Stéphane Le Foll lors d’une audition par la commission des affaires économiques du Sénat sur la filière équine, le 20 octobre. « Je ne suis pas d’accord avec la position de la Cour des comptes […] On en a besoin » a-t-il continué, réaffirmant le maintien du Cadre noir à Saumur. Le 10 février, la Cour des comptes avait publié un rapport intitulé : L’IFCE : une réforme mal conduite, une extinction à programmer, prônant la fermeture de l’institut, trop coûteux par rapport aux services rendus. Stéphane Le Foll a également précisé que le gouvernement était « favorable à la réduction de la TVA », ce qui implique une renégociation de la directive à Bruxelles. La hausse de la TVA de plus de 12 %, imposée par Bruxelles en 2013, a effectivement fortement fragilisé le secteur, notamment les centres équestres. Selon lui, la vraie problématique réside dans « l’équilibre du système qui ne sera pas en mesure de financer cette filière comme avant ». En effet, les gains du PMU sont à l’origine pour 80 % des financements de la filière équine, or « on n’arrive pas à attirer de nouveaux parieurs », analyse le ministre. La veille, un rapport de la Cour des comptes mettait en lumière une gouvernance de la régulation des jeux d’argent et de hasard « pas satisfaisante, dans la mesure où elle ne repose ni sur une stratégie claire ni sur une organisation cohérente ».
Pas d’argent dans les caisses de l’État pour la filière équine
Concernant des financements supplémentaires pour la filière équine, il renvoie la responsabilité aux sénateurs demandeurs : « La seule chose que je constate, c’est que vous demandez à un ministre des choses alors que, vous-même, vous vous êtes engagés à faire des réductions de dépense si vous étiez élus ». Et de continuer : « Ne me demandez pas à moi aujourd’hui, ce que vous ne voulez pas faire demain ». Il évoque la difficulté d’intégrer les activités agricoles de la filière équine dans la Pac et « souhaite beaucoup de courage à ceux, qui à l’échelle des 28 pays, iront négocier » la prochaine Pac. « S’il faut changer les aides de la Pac pour intégrer la filière équestre en dehors de ce qu’elle a d’agricole, c’est un autre débat ! », lance-t-il devant un amphithéâtre presque vide. Huit sénateurs prendront la parole pour faire le bilan d’une vaste filière, qui compte près de 180 000 emplois directs et alerter sur sa fragilité. Baisse du pouvoir d’achat des Français, désengagement de l’État, modification des rythmes scolaires, hausse de la TVA, nombreux sont les facteurs qui l’ont affaibli. Anne-Catherine Loisier, sénatrice, en a fait le bilan dans son rapport (1), à l’origine de l’intervention de Stéphane Le Foll (voir Agra Presse n° 3554).
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(1) « Le monde du cheval : favoriser le rebond d’une filière d’excellence en difficulté », Anne-Catherine Loisier, 15 juin 2016 (www.senat.fr/notice-rapport/2015/r15-692-notice.html)
" L’équilibre du système ne sera pas en mesure de financer cette filière comme avant "