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Phytosanitaires Stimuler la défense naturelle des plantes pour réduire les traitements

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C’est une démarche intégrée de protection des cultures qu’a présenté, le 10 mai à Lyon, le géant allemand de la chimie, via sa branche agricole, Bayer CropScience. Cette approche vise à ne plus considérer comme seul recours à l’apparition d’une maladie ou d’un ravageur au champ l’utilisation de fongicides ou de pesticides mais à préférer l’apport de de stimulateurs de défenses naturelles (SDN) des plantes. Les SDN appliqués permettent de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires qui viennent en complément des défenses naturelles, et ainsi d’améliorer l’impact environnemental de l’agriculture.

«Dans le futur, nous souhaitons combiner deux types de produits, les classiques de protection curative des plantes et les stimulateurs de défenses naturelles (SDN) », a déclaré Benoît Hartmann, directeur de recherche du centre de recherche de La Dargoire de Bayer CropScience, à Lyon le 10 mai. Une voie de recherche dans laquelle Bayer compte s’engager pleinement les prochaines années.

Une démarche intégrée pour réduire l’application de phytosanitaires

Depuis un an, Bayer a sorti un SDN sur riz qui permet à la plante d’améliorer, en application préventive, ses défenses face aux agressions extérieures. « Nous essayons de développer des produits jouant sur l’expression de différents gènes des plantes afin de renforcer leurs défenses », a indiqué Benoît Hartmann. Cette technologie de SDN des plantes pourrait aussi permettre de lutter contre les stress, mais le spécialiste a souligné que ces solutions mettront du temps à être développées. « Nous développons des partenariats avec des experts mondiaux des maladies des plantes, notamment fongiques, en Suisse et aux Etats-Unis pour y arriver », a ajouté Benoit Hartmann. « L’utilisation de fongicides en agriculture fait face à une grande variabilité génétique des champignons pathogènes », a aussi expliqué Hélène Lachaise, ingénieur recherches fongicides chez Bayer. Le développement de population de champignons pathogènes résistant aux produits de traitements a fréquemment posé problème depuis de nombreuses années, et, dans la plupart des cas, ces résistances sont irréversibles. « Il est donc nécessaire de continuer les recherches pour améliorer la santé des plantes », selon Hélène Lachaise qui a indiqué que le laboratoire Bayer de Lyon avait mis en évidence de nouveaux produits complémentaires aux traitements classiques, les SDN.

Une méthode alternative aux biocides classiques

« Les SDN stimulent l’autodéfense des plantes en alertant et en préparant celles-ci à une attaque fongique », a indiqué Marie-Pascale Latorse, elle aussi ingénieur de recherche chez Bayer. Selon elle, les SDN ne sont pas des éléments fertilisants, mais permettent une perception précoce d’une agression par les plantes traitées, « ce qui agit comme un système d’alarme et permet aux végétaux de mobiliser ou de métaboliser des hormones végétales de défense ». En découle une meilleure résistance des plantes aux attaques fongiques, ce qui permet avec un traitement fongicide à moindre dose d’obtenir une bonne protection des cultures. « Les SDN engendrent une réponse cellulaire de la plante qui va s’opposer à son invasion par un pathogène », d’après Marie-Pascale Latorse. Elle a ensuite indiqué que l’objectif des recherches actuelles de Bayer était d’élargir le spectre d’action des SDN. Grâce à un criblage des gènes qui stimulent la défense des plantes, par des tests de fluorescence, Bayer tente de déterminer des gènes pertinents corrélés à des résistances pour une efficacité en serre, pour qu’ensuite une application soit possible au champ. Enfin, Rémy Courbon, directeur marketing et services de Bayer CropScience France, a indiqué que ces recherches répondaient à des enjeux de court et moyen terme sur l’amélioration de la productivité agricole tout en utilisant moins d’intrants. Cette démarche s’accompagne de services proposés aux distributeurs par Bayer afin d’améliorer les pratiques culturales et l’utilisation des produits grâce à des outils d’aide à la décision. À ce niveau, les chercheurs de Bayer CropScience concèdent que l’efficacité des SDN dépend grandement du milieu dans lequel est cultivée la plante. Parmi les facteurs importants déterminant l’efficacité des produits, on trouve le niveau de pression des pathogènes souvent lié aux modes de cultures, le moment d’application des traitements SDN ou conventionnelles, le climat, l’espèce, la variété… De nombreux facteurs de variabilité qui font que les recherches sur les SDN et leurs applications prendront encore près de dix ans. Seule la sortie d’un SDN en 2015, sur vigne et cultures légumières, est prévue par Bayer et aura pour cible des maladies fongiques.

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