Mieux informer les consommateurs, notamment en précisant l’étiquetage d’origine, et mieux protéger les produits européens de qualité sur le plan international : telles sont les principales propositions d’un rapport adopté à une très large majorité par le Parlement européen pour mieux promouvoir la qualité des denrées alimentaires produites dans l’UE.
En réponse au récent Livre Vert sur la qualité des produits agricoles, le rapport de Maria Petre (PPE, Roumanie) propose une série de mesures concrètes en vue du document stratégique que la Commission européenne compte proposer en mai prochain. Les eurodéputés plaident notamment pour l’indication, sur les étiquettes, du pays d’origine des produits primaires, et dans le cas des produits transformés, de l’origine des principaux ingrédients et du lieu de la dernière transformation. Un tel étiquetage devrait, selon eux, être valable aussi bien pour les produits européens que ceux importés des pays tiers. Les parlementaires invitent la Commission européenne à présenter également une proposition législative visant à imposer l’étiquetage du lait, de la viande et des œufs d’animaux nourris avec des organismes génétiquement modifiés (OGM) et à définir des critères pour l’étiquetage volontaire attestant l’absence de ces organismes dans les produits.
Pour une Agence européenne de la qualité
Pour mieux protéger les indications géographiques au plan national et international, les parlementaires demandent notamment une harmonisation des règles des Etats membres, l’instauration de contrôles rigoureux et de lourdes sanctions pour décourager l’usage non-autorisé de ces signes distinctifs, ainsi qu’une intensification des efforts de la Commission dans le cadre des négociations de l’OMC. Ils plaident également en faveur d’une simplification des procédures d’enregistrement et des délais d’obtention des indications géographiques telles que les AOP et les IGP. Selon eux, un registre multilatéral des indications protégées devrait être créé et les produits exportés « exposés à un risque d’usurpation » devraient pouvoir bénéficier d’une protection internationale à l’OMC. Les eurodéputés préconisent la création d’une « Agence européenne de la qualité », collaborant étroitement avec l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) et les services concernés de la Commission européenne. Cette agence serait notamment chargée de traiter les demandes d’enregistrement d’indications protégées des pays tiers.
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Mettre les enchères inversées à l’index
Le rapport parlementaire s’inquiète par ailleurs de l’influence des grandes chaînes de distribution sur la qualité générale des produits alimentaires de l’UE. Il estime que les marchés où la distribution est fortement concentrée présentent une tendance « à l’uniformisation et à la réduction de la variété des produits agroalimentaires », laquelle entraîne « une moindre présence des produits traditionnels et la multiplication des produits transformés ». A cet effet, les parlementaires européens demandent à la Commission de réglementer les pratiques d’enchères inversées imposées par quelques centrales d’achat, ces pratiques ayant, à leurs yeux, « des effets dévastateurs pour les produits de qualité ».