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Protéines Strasbourg veut remédier au déficit de production de protéines dans l’UE

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Dans une résolution votée le 8 mars, le Parlement européen met en avant le grave déficit de production des protéines végétales dans l’UE, qui importe 80% de sa consommation. Les propositions législatives de la Commission européenne sur la réforme de la Pac après 2013, indique-t-il, devraient comprendre des mesures et des outils nouveaux aidant les agriculteurs à améliorer les systèmes de rotation culturale, de façon à diminuer sensiblement le déficit actuel en protéines végétales et la volatilité des prix.

«Il s’agit là d’une question stratégique majeure pour notre agriculture, et plus particulièrement pour le secteur de l’élevage, qui utilise massivement les protéagineux pour l’alimentation du bétail. Il n’est pas normal de dépendre à un tel niveau des importations, surtout quand celles-ci se concentrent essentiellement sur un produit, le soja, et trois pays, le Brésil, l’Argentine et les Etats-Unis », a déclaré le Français Michel Dantin (PPE). Les députés européens demandent à la Commission européenne et aux Etats membres de développer un véritable « plan protéines » ambitieux, afin de réintroduire massivement la culture des protéagineux en Europe. Le rapport souligne que le rééquilibrage de l’offre et de la demande de céréales, protéagineux et oléagineux dans l’Union pourrait avoir de très grands avantages économiques pour les exploitants agricoles, les fabricants d’aliments du bétail et l’industrie agroalimentaire. En même temps, les consommateurs profiteraient d’une alimentation plus saine et plus variée. Le rapport note qu’actuellement, la culture des protéagineux n’occupe que 3% de la superficie en terre arable de l’Union et qu’elle ne produit que 30% des protéagineux consommés sous forme de fourrages dans l’Union, la tendance étant, depuis une décennie, à l’accroissement de ce déficit. Ce déficit en protéagineux remonte à des accords antérieurement conclus en matière de commerce international, notamment avec les États-Unis, qui autorisaient la Communauté européenne à protéger sa production céréalière, mais prévoyaient en retour une importation libre de taxes des protéagineux et des oléagineux dans l’Union (accord général sur les tarifs et le commerce – GATT – et accord de Blair House).
Aujourd’hui, 70% de la consommation actuelle de l’Union (soit 42 millions de tonnes de matières premières riches en protéines végétales en 2009), essentiellement des farines de soja, sont importés, en particulier pour l’alimentation animale. Ces productions ne sont pas soumises aux mêmes contraintes environnementales, sanitaires et de réglementation sur les OGM que les productions européennes, est-il précisé dans le rapport parlementaire.

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