Sept additifs ont fait l’objet d’un débat, lors de la dernière session plénière du Parlement européen. Pointilleux, les députés refusent toujours de laisser la Commission de Bruxelles actualiser seule la liste des substances autorisées et leur niveau.
Le Parlement européen a adopté en première lecture, le 25 octobre, une modification de la directive 95/2/CE. Très soucieux de leurs prérogatives sur ce sujet pourtant très technique, les députés européens proposent quelques modifications de la proposition de la Commission de Bruxelles dont une série d’amendements en vue d’un accord en première lecture avec le Conseil.
Les députés se montrent vigilants sur l’utilisation de certains conservateurs dans les produits à base de viande ou de poisson et dans les fromages. Ils estiment, à la suite de leur rapporteur, Mojcac Drcar Murko, que les nitrates ou nitrites doivent faire l’objet d’exemption pour le respect des doses maximales uniquement à titre exceptionnel. Cela peut se justifier pour quelques produits traditionnels britanniques, indique par exemple le rapporteur. Une liste de denrées autorisées à déroger à cette règle est intégrée au projet.
Konjac
Concernant le konjac, les députés sont plus souples. Ils soulignent que, pour les experts, le problème vient de « la forme, la taille et le mode d’ingestion de ces produits », même s’il semble également lié aux propriétés chimiques et physiques de cet additif utilisé pour fabriqué des gelées. Le konjac avait provoqué une crise sanitaire due à des suffocations d’enfants ayant mangé des mini-barquettes à base de gelée contenant cet additif. Les fabricants semblent donc avoir obtenu de l’Europe qu’elle interdise les produits dangereux plutôt que les ingrédients qu’ils contiennent. Par ailleurs, le Parlement s’est prononcé sur un édulcorant, l’érythritol. Suivant l’avis de l’industrie, le rapporteur défend son autorisation à hauteur de 1,5% dans les boissons. Mais il préconise l’étiquetage de son potentiel laxatif sur l’étiquette, ce que les fabricants souhaiteraient éviter.
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Pullulan
Les députés sont vigilants sur le niveau de sulfite dans les denrées alimentaires qui « présente un risque potentiel pour les asthmatiques », rappellent-ils. Ils préconisent des doses « les plus basses possible » et demandent à l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments des précisions sur les taux de dioxyde de soufre dans les crustacés crus ou cuits. Ils soulignent que « la tendance à l’augmentation des niveaux (de cette substance) n’est pas acceptable ». Outre les crustacés, elle se trouve dans certains fruits et légumes, en particulier les fruits séchés et réhydratés.
Enfin, la voie vers l’autorisation du pullulan, un nouvel additif utilisé dans des films destinés à rafraîchir l’haleine, semble tracée. Les députés estiment qu’une consommation d’environ 2,3 gr. de pullulan par jour n’a aucune conséquence pour la santé humaine.