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Stratégie : « C’est au monde agricole de donner de l’information aux politiques »

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« C’est au monde agricole de donner de l’information aux politiques », a affirmé Christian Harbulot, directeur de l’École de Guerre Économique, le 14 septembre, lors d’un colloque au Space sur le thème « des agriculteurs au cœur d’une guerre économique », organisé par le Syrpa, association regroupant les professionnels de la communication en agriculture. « Il est absolument nécessaire que le monde agricole communique à l’extérieur », insiste-t-il en rappelant les enjeux cruciaux qui se jouent autour de l’agriculture (stabilité politique, alimentation, emploi, etc.). « Il y a des batailles informationnelles qui n’ont pas été menées », a-t-il scandé. « L’agriculture est un enjeu de puissance du monde », a-t-il voulu rappeler en citant la Chine, qui « a une stratégie de conquête » avec ses achats de terre. Et d’ajouter : « Tant que le monde agricole ne s’exprimera pas sur ce qu’il est, nous ne serons pas bons dans la guerre économique ». Un thème qui a été repris par Yves Madre, conseiller chez Farm Europe, le même jour, durant une table ronde sur « Quelle Pac en 2020 pour les agriculteurs de l’Ouest ? ». « Il faut nourrir les décideurs avant qu’ils ne mettent les choses en branle pour la future Pac pour qu’elle se décide par ceux qui la vivent », observe-t-il. La Commission européenne actuelle portera des modifications sur la Pac qu’une nouvelle Commission devra voter, « d’où la nécessité », selon lui, « d’être très en amont pour le secteur agricole porte son message : ce qu’il est, où il veut aller et comment. » Pour Christian Harbulot, « le monde agricole a su créer un réseau de création de connaissances que d’autres secteurs industriels n’ont pas su créer ». À lui de s’en servir, justement pour « nourrir les politiques ». « L’agriculture est stratégique, car elle est gage de souveraineté alimentaire dans un monde où nous serons bientôt dix milliards d’êtres humains », relève aussi Jacques Carles, directeur général de Momagri, présent aux deux débats. Il évoque « une absence de gouvernance internationale en matière agricole » et cite une multitude d’acteurs « arrivant chacun avec ses cartes et ses statistiques » comme la FAO, le FMI, le PAM, l’OCDE, l’OMC, la Banque mondiale, etc.

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