Si la FNSEA et la Coordination rurale dénoncent respectivement une « impasse » et un « dérapage », la Confédération paysanne apprécie le niveau des « objectifs » fixés, même si elle n’approuve pas les moyens pour y parvenir.
La FNSEA dénonce « une voie de décroissance »
Pour la FNSEA, les plans « de la ferme à la table » et biodiversité « conduiront l’agriculture européenne dans une impasse », malgré « les bonnes intentions et les idées générales de bon sens qui ne peuvent que rassembler tout un chacun ». Dans un communiqué paru le 20 mai, la FNSEA estime que Bruxelles entraîne l’agriculture européenne dans « une voie de décroissance avec un impact environnemental incertain qui conduira, par contre, de façon certaine à une augmentation des importations de l’alimentation des Européens ». Elle ajoute que ces importations cumulent « très souvent l’usage de produits phytosanitaires interdits dans l’UE ou la déforestation », et engendrent « une délégation de notre alimentation à des pays tiers ». Or, note-t-elle, « le président de la République n’a-t-il pas dit, lui-même, que ce serait une folie dans son discours du 12 mars ? » Illustrant son propos dans le secteur des grandes cultures, la FNSEA estime que ces plans conduiraient à une baisse d’un tiers des volumes de production, « largement de quoi faire plonger encore un peu plus notre balance commerciale ».
La CR exige une « sanction » contre Bruxelles
Dans la même veine, la Coordination rurale (CR) dénonce l'« objectif incroyable de réduction de 10 % des surfaces cultivées de l’UE », inscrit selon elle dans la stratégie « de la ferme à la table ». Cette stratégie prévoit notamment qu’au moins 10 % de la surface agricole utilisée soient consacrés à des surfaces de haute diversité environnementale. « Quand on sait que l’Europe est dépendante des importations alimentaires, c’est profondément choquant ! », s’indigne le président de la CR Bernard Lannes, cité dans le communiqué. Son syndicat exige donc « une sanction exemplaire » contre la Commission européenne et appelle Emmanuel Macron à procéder à une « mise au point très claire […] en faveur de l’exception agriculturelle ». « La Commission se trompe vraiment de combat et de siècle », ajoute la CR. Selon elle, « pour un meilleur effet écologique, [Bruxelles] devrait instaurer d’urgence un plan protéines, reposant sur des protections douanières contre le soja, plutôt que de réduire ses surfaces cultivées de 10 %. »
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La Conf' salue des « objectifs ambitieux »
De son côté, la Confédération paysanne « se félicite d’objectifs environnementaux ambitieux, mais rejette les recettes proposées pour les atteindre ». Pour le syndicat, la présence d’objectifs chiffrés est « un bon signal », mais se demande « quel est le modèle agricole visé par cette stratégie et quels outils d’accompagnement seront mis en place ». Pour la Conf', « l’agriculture de précision et les nouvelles techniques génétiques, avec la fuite en avant technologique associée, ne garantiront pas une alimentation locale saine » ; de même, pour la Conf', « le marché du carbone, la suppression du retour des matières organiques vers les sols par la production d’énergie, l’agriculture cellulaire, etc. sont autant de fausses solutions qui détruiront la biodiversité en ruinant de nombreux paysans. » Le syndicat demande enfin que cette stratégie soit « ambitieuse sur le modèle d’élevage soutenu », et priorise « la transition vers un élevage de ruminants à l’herbe » – et non « les importations de soja ».
La FNSEA estime que ces plans conduiraient à une baisse d’un tiers des volumes de production