Tous se sont levés pour Danone… Inutile. Pour Arcelor, on ose encore, mais peut-être en vain. A force, on devrait s’être forgé une doctrine, pourtant on ne voit pas laquelle. C’est faute, également, de principes communs que l’Union européenne laisse un peu au hasard son avenir agroalimentaire. Les bâtisseurs de la première PAC ont fait assez solide pour que l’on puisse s’adapter au vent du grand large. Seulement, leurs héritiers ne s’en sont guère préoccupés, se contentant de profiter de rentes de situation maintenant fort compromises. Ils ont laissé d’autres décider à leur place et leur imposer de dévider l’écheveau. Au nom de l’OMC, l’Europe se fait dicter réformes sur réformes de la PAC: le revenu agricole est de moins en moins lié à l’acte de production, et la stratégie des entreprises de transformation –naguère intéressées au maintien de prix rémunérateurs pour ceux qui livrent leurs matières premières– s’en déconnecte largement. Il n’est donc pas étonnant que l’interprofession laitière se soit tant déchirée ces derniers temps, et c’est miracle qu’elle renaisse sur un schéma de nouvelle baisse du prix du lait et de travaux concertés sur les restructurations qui restent à faire. Confrontée au même démantèlement imposé de son OCM pourtant jugée exemplaire, la filière betterave doit faire feu de tout bois: investir, comme le fait Tereos, dans la canne au Brésil et dans le sucre au Mozambique pour profiter des avantages faits aux pays les moins avancés ! Et malgré leurs efforts, hier, pour s’approprier Béghin Say, les planteurs doivent déjà jeter des jalons sur l’éthanol. Mais d’autres aussi -coopératives céréalières, notamment- revendiquent les mêmes droits à produire. Sans grande visibilité à ce stade puisqu’on ne sait qui donne le cap.
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