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Sucre : encore une très bonne année pour Cristal Union

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Cristal Union va poursuivre sa stratégie centrée sur la commercialisation du sucre. Si 2024-2025 est jugé positivement, le groupe coopératif s’attend à un exercice 2025-2026 plus difficile.

Les dirigeants de la société coopérative Cristal Union, regroupant 45 % des surfaces françaises de betteraves sucrières, ont annoncé, lors d’une conférence de presse à Paris le 10 juin, que l’exercice 2024-2025 constituait la troisième meilleure performance financière historique. Le chiffre d’affaires ainsi que l’Ebitda sont en recul par rapport à l’an dernier, exercice exceptionnel durant lequel les prix européens du sucre atteignaient 800 €/t. Dans le détail, ils s’effritent respectivement de 3,8 % et 33 % annuellement, à 2 650 M€ et 287 M€. Mais ils se situent à un niveau très satisfaisant, faisant dire à son président, Olivier de Bohan, que l’exercice 2024-2025 a été « très bon ».

De son côté, le résultat net, lui aussi qualifié de troisième meilleur historique, s’affiche à 117 M€, contre 307 M€ l’an dernier. À l’avenir, Cristal Union compte poursuivre sa stratégie basée sur la commercialisation du sucre, dans un contexte où l’UE reste déficitaire. Il compte également intensifier sa décarbonation, afin, entre autres, de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, et sa baisse de consommation d’eau. « Dès cette campagne 2025, aucune de nos sucreries ne pompera d’eau de la nappe phréatique », a déclaré Olivier de Bohan. Par ailleurs, les distilleries cesseront également leur prélèvement d’eau en 2030.

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Une caisse de péréquation

Si 2024-2025 est jugé positivement, l’exercice 2025-2026 s’annonce plus compliqué. Stanislas Bouchard, directeur général adjoint, rappelle que les cours européens sont « passés de 800 €/t en 2023-2024 à 550 €/t environ en 2025 », et qu’ils pourraient rester bas jusqu’à la fin de l’année. « Un rebond des prix est nécessaire, car le marché n’a pas intégré les hausses de coûts de production (énergie notamment). Les niveaux observés ne permettent pas de rémunérer les agriculteurs ainsi que les sucreries les moins compétitives », complète-t-il.

Les dirigeants ont annoncé la création d’une caisse de péréquation il y a deux ans, qui regroupe aujourd’hui 100 M€, afin de pallier les éventuelles chutes des cours du sucre. Pour résumer, il s’agit d’une mise en réserve d’une part des résultats du groupe, « afin de stabiliser les revenus des planteurs de betterave », déclare Xavier Astolfi, le directeur général. Et l’avenir proche pourrait inciter le groupe coopératif à recourir à ces réserves. Alors que Cristal Union a proposé un prix de 41,44 €/t en 2024, ce niveau est susceptible de reculer cette année. « Le prochain exercice devrait être moins bon. Mais ce fonds de réserve peut permettre de relever le prix moyen de la betterave de 3 €/t à 7 €/t environ », précise Olivier de Bohan.

« Un rebond des prix du sucre est nécessaire, car le marché n’a pas intégré les hausses de coûts de production »