La Confédération internationale des betteraviers européens (Cibe) a consacré son assemblée générale annuelle, le 18 mai à Newmarket (Royaume-Uni), à l’évaluation des « défis importants et risques accrus » auxquels les planteurs doivent faire à quelques mois de la suppression des quotas sucriers, le 30 septembre prochain. Elle s’est félicitée de « l’approche à ce stade prudente » de la Commission de Bruxelles, qui a renoncé le mois dernier à soumettre au vote des États membres des mesures temporaires exceptionnelles d’approvisionnement du marché (1).
En revanche, la Cibe appelle les industriels du sucre à mener une politique contractuelle et commerciale « équitable » pour éviter que les planteurs ne soient « la variable d’ajustement de la chaîne d’approvisionnement ».
Parallèlement, la Pac doit « assurer la transparence du marché » et offrir une « boîte à outils de gestion des risques », souligne la confédération. « La prévention et gestion des risques est maintenant cruciale pour les betteraviers européens », insiste-t-elle, saluant à ce propos « les recommandations faites par la task force sur les marchés agricoles et le Parlement européen en ce qui concerne la contractualisation et les règles de concurrence, les pratiques commerciales abusives, la transparence du marché et la gestion de la volatilité ».
Tous les efforts que doivent consentir les planteurs « ne doivent pas être ruinés par des concessions nuisibles d’accès au marché offertes aux pays tiers (Mercosur, Mexique), par l’abandon progressif du bioéthanol à base de sucre de betterave, et par des décisions prématurées et injustifiées sur les produits de protection des plantes, en particulier les néonicotinoïdes, qui nous ramèneraient vingt ans en arrière avec des pratiques non viables », a mis en garde le président de la Cibe, Bernhard Conzen.
« Sinon, la Commission, le groupe des experts sur le sucre et l’Observatoire du marché du sucre ne pourront que prendre note des dommages causés à notre secteur », a-t-il ajouté.
(1) Voir n° 3593 du 01/05/17