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Marché du sucre Sucre : l’offre et les incertitudes économiques pèsent sur les prix

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Comme le constatait la FAO (Food and Agricultural Organization) au début du mois de mai, le déclin des prix mondiaux du sucre a participé à la baisse de son indice des prix alimentaires. Dans un rapport publié le 6 juin, la Rabobank analyse la baisse, certes modérée, mais mesurée, des cours de l’or blanc. Entre les prises de profit de la part des investisseurs, retirant leurs positions des marchés à terme, une amélioration des disponibilités mondiales chez les principaux exportateurs et un contexte économique mondial incertain, les cours du sucre se détendent. La Rabobank montre toutefois qu’ils restent sur des niveaux historiquement hauts.

«Le facteur clef ayant fait baisser les cours du sucre ces derniers mois, est l’importante augmentation des prévisions de production en Thaïlande, deuxième exportateur mondial après le Brésil », indique la Rabobank dans un rapport publié le 6 juin. Autre raison de la baisse des cours selon la banque, « le sucre a été pris dans un courant général de vente des contrats à terme de matières premières au début du mois de mai ». Cette tendance à solder les contrats serait liée à des prises de profits suivant la hausse des cours au début de l’année. Ces ventes sont aussi liées aux incertitudes des opérateurs sur les marchés face aux perspectives incertaines de croissance économique mondiale en 2012. Les baisses ne concernent toutefois que les échéances rapprochées sur les marchés à terme, avec un repli de 6% à New York sur l’échéance juillet 2012 et de 2% pour octobre 2012.

Une offre plus importante que prévu
Passant d’une production estimée à 7,7 millions de tonnes (Mt) de sucre en Thaïlande pour 2010/2011 en février/mars, à finalement 9,5 Mt récemment, la Rabobank a fait passer son estimation des surplus mondiaux de moins d’un million de tonnes à environ 3 Mt. Cette augmentation serait la raison principale de la baisse des cours mondiaux du sucre à court terme selon la banque. Cependant, elle souligne que le ratio stock sur consommation mondial reste au-dessous de la moyenne historique et que le marché restera vulnérable au moindre choc sur l’offre en 2012. Conscient de la vulnérabilité du marché aux informations sur l’offre mondiale, tous les regards se tournent désormais vers le début de la récolte de cannes à sucre dans le centre et le sud du Brésil. Les opérateurs surveillent aussi les premières projections sur la production indienne 2011/2012. Ainsi, si la production indienne de sucre en 2010/2011 était attendue autour des 24 à 24,5 Mt, les premières projections pour 2011/2012 font état d’une production autour des 25 Mt. La Rabobank souligne que lors du prochain trimestre, la demande indienne de l’industrie, notamment agroalimentaire, et les autorisations d’exportations du gouvernement pourraient à nouveau soutenir les cours du sucre sur le marché intérieur. En Thaïlande, les exportations ont atteint un record au mois de mars avec 800 000 t exportées en un mois, et les premiers signes d’une augmentation de la production en 2011/2012 viennent d’une hausse de 5% des surfaces de cannes cultivées dans le pays. En revanche, le marché intérieur chinois subissant déjà des prix hauts pourrait ramener des tensions sur les cours mondiaux avec une production estimées à 10,5 millions de tonnes en 2010/2011, en baisse pour la troisième année successive depuis le record de 2007/2008 à 14,8 Mt. De son côté l’Union européenne pourrait exporter 2,1 Mt de sucre en 2011/2012 selon la Rabobank. Enfin, outre les fondamentaux, la banque estime que les fonds d’investissements, craignant un ralentissement global de la croissance économique, pourraient tirer vers le bas l’ensemble des cours des matières premières en soldant leurs positions.

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