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Sucre : Tereos espère des jours meilleurs

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Face à des résultats en recul, le groupe sucrier Tereos espère pour 2027 un retournement du marché du sucre, actuellement plombé par une offre supérieure à la demande. Un recul des surfaces européennes de betteraves sucrières est déjà constaté.

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 28 mai, le groupe Tereos a annoncé, sans grande surprise, un recul annuel de son chiffre d’affaires et de son Ebitda. Des baisses qui n'ont pas paru entamer la sérénité des dirigeants, qui soulignent que le groupe est parvenu à abaisser significativement sa dette ces dernières années, ce qui lui permet de supporter des conjonctures moins favorables.

Dans le détail, le chiffre d’affaires passe de 5,93 milliards d’euros (Md€) à 5,13 Md€ entre les exercices 2024-2025 et 2025-2026. Sur la même période, l’Ebitda passe de 801 millions d’euros (M€) à 416 M€. De son côté, la dette se stabilise à 2,25 Md€, à un niveau bien inférieur à celui observé il y a quelques années (2,7 Md€ en 2022-2023).

Les raisons de la baisse des résultats sont le décrochage des prix mondiaux du sucre, dans un contexte de surabondance de l’offre par rapport à la demande, et des évolutions de taux de change défavorables aux activités de Tereos, ce dernier ayant des activités à l’international. Le producteur de sucre pointe ainsi la baisse du dollar états-unien et du réal brésilien face à l’euro.

Marges des sucriers en berne

Plus en détail, le bas niveau des prix mondiaux du sucre plombe les marges des sucriers français, européens, voire mondiaux. Ainsi, Tereos n’est pas le seul à connaître des résultats en baisse, et s’en tire plutôt bien par rapport à d’autres, d’après ses représentants. Olivier Leducq, son directeur général, insiste sur la situation aggravée en Europe, qui a perdu « vingt-deux sucreries depuis 2017, dont deux en 2026 ». Et ce notamment via des décisions politiques : « Même quand le marché est équilibré, nous prenons des décisions favorisant les importations massives via le Mercosur, l’Ukraine, etc. ». Le dirigeant tient tout de même à saluer la suspension du régime de perfectionnement actif durant les douze prochains mois.

La situation mondiale, et surtout européenne, de prix de vente en berne et hausse des coûts de production ne peut durer. L’offre devrait diminuer via trois leviers : l’augmentation des exportations, la limitation des importations et la baisse des surfaces, explique le groupe sucrier français.

Tereos a déjà agi sur les deux premiers leviers, via la hausse de ses exportations lors de la saison 2025-2026, et en plaidant pour la limitation des importations auprès des instances politiques, incluant la suspension du régime de perfectionnement actif. Pour le troisième, « les efforts en France ont été faits par le passé. Nous souhaitons stabiliser les surfaces de betterave sucrière sur la zone de Tereos cette année », déclare Olivier Leducq. L’Allemagne et la Pologne sont par exemple visés, qui ont fortement augmenté leurs assolements ces dernières années, après la fin des quotas sucriers.

Une baisse de la sole dans l’hémisphère nord, incluant l’Europe et la France, est déjà constatée. Avec toute la prudence qu’il se doit, au vu des difficultés à prédire l’avenir, Tereos espère un rebond des prix mondiaux courant 2027, le contexte actuel ne pouvant durer pour bon nombre d’industriels dans le monde.

Ouverture à La Réunion

Le groupe sucrier a confirmé les piliers de sa stratégie globale, dont le recentrage sur ses activités sucre, alcool-éthanol, amidon. En marge de la conférence de presse, Olivier Leducq a d’ailleurs rappelé son attachement aux Sucreries de la Réunion. Certes, une ouverture du capital est en projet. Mais le but est de pérenniser l’activité, avec un maintien de Tereos dans le capital, et en incluant « trois, quatre acteurs économiques réunionnais reconnus ». L’objectif : peser davantage, notamment sur les politiques budgétaires décidées en métropole, l’activité sur l’Île dépendant en partie de subventions publiques.

Le groupe coopératif est conscient qu’il est dangereux de mettre tous ses œufs dans le même panier. Raison pour laquelle sa stratégie inclut un autre pilier : l’investissement dans des marchés d’avenir, tels que les biocarburants destinés à l’aviation (SAF) et les bioplastiques. Le dernier pilier : la décarbonation, via, entre autres, l’agriculture régénératrice.

L’Europe a perdu « 22 sucreries depuis 2017

KC