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Alimentation Suffisamment de suspicions pour remplacer le bisphénol A, selon l’Anses

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L’Agence de sécurité sanitaire (Anses) estime que les doutes concernant la toxicité du Bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien présent dans certains plastiques notamment alimentaires, sont suffisants pour le remplacer au plus vite par d’autres composés. A ce jour, la toxicité du BPA n’est néanmoins pas avérée chez l’homme, estime l’Anses.

L’Anses (agence de sécurité sanitaire) qui a publié le 27 septembre deux rapports sur le bisphénol A (BPA), estime qu’il y a suffisamment de suspicions pour agir dès aujourd’hui auprès des populations à risques, à titre de prévention. Le BPA présent dans un grand nombre de plastiques, notamment les biberons mais aussi des emballages alimentaires, est suspecté d’être un perturbateur endocrinien chez l’homme. Il n’ y a, à ce jour, pas de cas avéré chez l’homme, mais les différentes études collectées par l’Anses montrent que le BPA pourrait avoir un impact sur la formation du système reproducteur, ou être à l’origine de diabète et de maladies cardiovasculaires. Surtout lorsque l’exposition se fait à certaines périodes clefs (fœtus, jeunes enfants). « Il faut aller vers un remplacement du BPA dans les produits utilisés par les populations les plus sensibles (bébés, femmes enceintes ou allaitantes) mais nous devons d’abord nous assurer que les molécules de substitutions ne présentent pas les mêmes risques », souligne Marc Mortureux, directeur général de l’Anses. Certains industriels qui proposent des produits sans BPA l’on remplacé par du Bisphénol S, une molécule très proche qui présente vraisemblablement la même toxicité. L’Anses vient donc de lancer une enquête auprès des industriels sur leurs possibilités de substitution. Les résultats seront connus début 2012 pour qu’un calendrier de substitution puisse être fourni aux pouvoirs publics.

Interdire l’usage sur la substitution est possible
Nathalie Kosciusko-Morizet s’est déclarée favorable à un étiquetage obligatoire des produits contenant du BPA qui sont en contact avec les populations. La ministre de l’Environnement a même proposé « l’interdiction de l’usage dès qu’il y a des produits de substitution » et qu’on s’est assuré de leur innocuité.
D’autant que même à très faible dose le BPA peut avoir une toxicité. « Avec cette molécule il n’y a pas forcément de réponse dose/effet. Il semble même qu’une faible dose peut avoir plus d’effet qu’une dose élevée », explique Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques à l’Anses. L’agence est en train d’évaluer le niveau d’exposition de la population, ce qui permettra de faire des recommandations plus fermes aux pouvoirs publics.
L’Anses travaille également sur une douzaine d’autres perturbateurs endocriniens présumés (parabènes, phtalates…) afin d’en déterminer les risques. Enfin, d’autres recherches consistent « à définir ce qu’est un perturbateur endocrinien, souligne Marc Mortureux. Car en ce qui concerne les produits phytosanitaires, toute molécule qui révèlera un caractère de perturbateur endocrinien sera interdit en France ».

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