La filière avicole labellisée se porte mieux depuis le début de l’année 2004. 2003 qui avait été particulièrement morose, semble donc être en partie oubliée. A l’occasion de l’assemblée générale du Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf) organisée le 25 juin près d’Angers, Gérard Lannelongue, son président, fait le point sur le marché, les concurrences potentielles venues de l’Est et du Brésil et sur les principaux dossiers qu’il souhaite défendre concernant les labels avicoles.
Quelle est la situation actuelle de la filière avicole label en France ?
Durant l’année 2003, la filière label avicole a subi une baisse de production due, entre autres, aux conséquences de la grippe aviaire. Mais depuis le début de l’année 2004, nous enregistrons un redémarrage de la filière. Les achats de poulets label rouge ont progressé de 2,3 % sur les cinq premiers mois. Sur avril et mai, l’augmentation de la production a même atteint 16,5 %. Mais il s’agit surtout du marché de la découpe qui profite de la situation, puisque depuis le début de 2004, il enregistre une hausse de 23 %. La volaille label entière enregistre par contre une baisse de 1,7 %. Il y a donc un décalage grandissant entre la consommation de poulet de découpe et celle de poulet entier. Celui-ci a d’ailleurs tendance à être de moins en moins présent dans les linéaires. Aujourd’hui, les foyers des consommateurs sont de plus en plus petits. Ces derniers préfèrent donc de petites quantités et optent pour la facilité.
Pourquoi avoir choisi, pour thème de la table ronde de votre assemblée générale, « Origine, tradition et qualité dans la politique européenne : quels atouts pour l’aviculture française » ?
Dans le cadre de la nouvelle Pac, nous souhaitons que les productions de volailles de qualité soient pleinement présentes. Elles jouent clairement un rôle sur l’aménagement du territoire, le bien-être animal et l’environnement. C’est pour cela que nous souhaitons débattre sur ce thème. Nous pensons que le gouvernement français doit inscrire les filières label rouge comme priorité dans la Politique agricole commune. Au niveau européen, Bruxelles affiche une réelle volonté de protéger et valoriser ces signes de qualité. Mais il y a une différence d’appréciation du terme IGP (Identification géographique protégée). En effet au niveau européen, l’IGP semble être plutôt considéré comme un signe de qualité, alors que pour nous il correspond davantage à une identification et une protection au niveau d’un terroir.
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Est-ce que le marché de la volaille labellisée a moins à craindre la concurrence venue du Brésil et des 10 nouveaux pays de l’UE, que le marché de la volaille standard ?
A l’heure actuelle, nous ne sommes pas trop touchés en France par les importations venues du Brésil, grâce à notre cahier des charges qui impose une grande qualité sur nos productions. Nos produits et les leurs ne ciblent pas les mêmes consommateurs. En revanche, concernant les dix nouveaux pays européens, la concurrence sera plus sérieuse quand ils pourront aussi obtenir des labels. Avec des coûts de production moins élevés que les nôtres, leurs produits seront donc forcément moins chers.
Quels sont les axes de travail du Synalaf pour l’année à venir ?
Nous travaillons sur la mise en place du décret fermier pour permettre aux producteurs de labels rouge d’avoir accès à la vente directe. Nous avons également un travail à poursuivre pour adapter d’avantage l’offre à la demande, en matière de nouveaux produits et de rapport qualité/prix et communiquer au niveau des consommateurs pour leur expliquer les atouts du label rouge. Par ailleurs, nous devons adapter notre cahier des charges pour nous permettre de commercialiser plus facilement les labels dans les produits élaborés et de découpes.