La Commission européenne a demandé aux États membres de commencer à débattre de l'avenir du secteur laitier une fois les quotas de production abolis. Déjà deux grandes orientations émergent : d'un côté, un renforcement des filets de sécurité pour protéger les zones fragiles, de l'autre de la souplesse pour permettre à ceux qui le souhaitent de commencer à produire plus. Un rapport de la Commission est attendu pour le mois de juin 2014.
LE COMMISSAIRE européen Dacian Ciolos a présenté le 16 décembre aux ministres de l'agriculture de l'UE les conclusions tirées de la conférence sur l'avenir du secteur laitier une fois les quotas de production abolis, qui s'était tenue en septembre à Bruxelles (1). La question à laquelle il reste à répondre est selon, le commissaire : « Avons-nous besoin d'instruments plus ciblés pour le secteur laitier pour répondre au défi du développement des zones rurales fragiles ? ». Les experts réunis par la Commission avaient notamment souligné les évolutions divergentes entre les régions : 25 % des pays ou des régions sont susceptibles de produire plus, tandis que 50% des pays ou des régions risquent de produire moins. « Aujourd'hui, les prix du lait sont bons, voire très bons. C'est précisément dans ces conditions qu'il nous faut poursuivre notre réflexion pour des filières laitières durables sur l'ensemble du territoire et pour ne pas être pris au dépourvu si une crise survenait », a indiqué Dacian Ciolos.
Les Etats membres sont donc invités à échanger sur ce point afin d'alimenter le rapport que livrera en juin 2014 la Commission. Mais déjà deux blocs semblent s'opposer au Conseil. Un rapide tour de table le 16 décembre a montré que d'un côté la France, soutenue par la Pologne, l'Espagne, le Portugal, la Finlande ou encore l'Autriche, veut renforcer le filet de sécurité prévu en cas de crise du secteur. Alors qu'un autre groupe de pays réunissant le Luxembourg, l'Allemagne, la Danemark, l'Irlande, les Pays-Bas, a surtout insisté sur la nécessité de montrer de la souplesse durant la période de transition notamment en ce qui concerne les coefficients de matière grasse. Ces États membres qui sont régulièrement en dépassement de quotas comptent pour la plupart augmenter fortement leur production laitière une fois les quotas supprimés. Bruxelles va devoir, une fois encore sur ce dossier, trouver un subtil équilibre entre ces deux visions.
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(1) Voir n° 3415 du 30/09/2013 et n° 3426 du 16/12/2013