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Sur-stockage et perte de compétitivité déstabilisent la filière

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La crise du marché de la prune en 2003 a été très différente de celle de 1996 qui suscita un ambitieux plan d’arrachage de vergers. Le marché était alors encore très porteur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec l’arrivée en masse de pruneaux sud-américains sur les traditionnels marchés à l’exportation du pruneau agenais.

Les stocks de la filière française seront lents à résorber. On estime à 90 000 tonnes les disponibilités dans les entreprises pour une mise en marché annuelle de l’ordre de 42 000 tonnes, dont 13 000 sont destinées à être commercialisées à l’étranger. Or, les principales difficultés se font sentir sur le marché de l’exportation : les volumes y ont reculé d’un millier de tonnes entre 2002 et 2003.

Les Californiens, eux aussi à la peine

« Les Chiliens et les Argentins, avec des coûts de production inférieurs de près de 1 euro par kg, bataillent nos marchés en Asie, dans le Maghreb et même en Europe. Les Californiens, premiers producteurs au monde, sont eux aussi à la peine », explique Jean-Pierre Bissière, président de France-Prune, leader de la filière avec 36 millions d’euros de chiffre d’affaires et près de 75% des volumes mis en marché.

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Le marché intérieur lui-même se fragilise par la montée en puissance des discompteurs, à la recherche du meilleur prix. « Serons-nous encore capables de vendre plus de 30 000 tonnes chez nous dans cinq ans ? », s’interroge le patron de France-Prune. Comme d’autres, il préconise une meilleure maîtrise de la production et une segmentation de l’offre. En attendant, la récolte française se situera cette année entre 50 000 et 60 000 tonnes (57 000 en 2003), alors que la capacité d’achat oscillera entre 20 000 et 35 000 tonnes.