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Réseaux sociaux Sur Twitter, un « a-geek-culteur » « rend l’agriculture accessible »

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Adepte convaincu de Twitter, il poste aussi chaque semaine un billet sur son blog et envisage par ailleurs de créer un réseau professionnel dédié au monde agricole. Hervé Pillaud, éleveur en Vendée et secrétaire générale de la FDSEA85, s’est engagé sur la voie du 2.0 depuis plus d’un an : les 27 et 28 mars, il a « live tweeté » le congrès de la FNSEA.

Pour quelle raison vous êtes-vous lancé sur Twitter?
En plus d’être secrétaire général de la FDSEA85, je m’investis dans le suivi depuis près de cinq ans, de l’évolution du contenu d’un journal qui s’appelle La Vendée agricole. C’est le directeur de la rédaction qui est également le directeur de la FDSEA85 qui m’a dit l’an dernier : « Il faut que tu t’engages sur Twitter, voir ce que ça donne, ce qu’est un réseau... ». Donc, au départ, j’ai simplement essayé Twitter. Et là où je me suis pris particulièrement au jeu, c’est en juin dernier, lors du G120 : j’ai eu le privilège d’y participer et c’est à cette occasion que j’ai fait du live tweet (qui signifie faire vivre l’évènement en direct via Twitter). Depuis, j’ai toujours continué.

... Jusqu’à suivre et commenter le congrès de la FNSEA sur Twitter, les 27 et 28 mars. Quel est l’intérêt d’une telle démarche ?
Ces informations intéressent autant les personnes du monde agricole que celles extérieures à ce monde. C’est l’avantage de Twitter : vous pouvez à la fois rendre l’agriculture accessible à ceux qui la connaissent mal, voire pas du tout, et informer ceux qui la connaissent déjà. Concernant le congrès, les agriculteurs ont bien souvent envie de savoir ce qui s’y dit ... des agriculteurs français mais aussi canadiens avec qui je suis entré en contact via Twitter. C’est l’autre avantage : le réseau ne connaît pas de frontière.

Est-ce à dire que de nombreux agriculteurs utilisent Twitter?
Pour le moment, il y a peu d’agriculteurs, mais beaucoup sont équipés de smartphones qui est l’outil privilégié pour tweeter. Je suis persuadé que nombreux vont y venir. Pour le moment, ils ont surtout des comptes sur Facebook. Mais ça n’a rien à voir avec Twitter : le premier se fait à titre privé, le second est en général professionnel, c’est un relais qui peut permettre en plus de se tenir informés, de sortir de l’isolement. Et ça, c’est très important, notamment pour les agriculteurs.

Quel type d’informations tweetez-vous ?
Des informations qui relèvent surtout de l’agriculture. J’ai par exemple commenté sur Twitter l’un des concours du Salon international de l’agriculture. J’ai aussi envoyé des photos de cet évènement, comme pour le congrès de la FNSEA... Je diffuse souvent des informations syndicales, je transmets parfois des articles que j’ai pu trouver intéressants...mais je peux aussi échanger sur le temps qu’il fait. Il y a quelques jours, j’ai pris une photo de mes vaches dans ma prairie, simplement parce que je trouvais cela beau. Et c’est drôle, mais c’est une photo qui a beaucoup circulé.

Estimez-vous que Twitter peut amener quelque chose à l’agriculture?
À la FNSEA, mais ailleurs aussi, on travaille beaucoup sur le fond. Et ce travail a parfois du mal à être diffusé. Il y a tellement de données qui restent dans les placards... Or pour moi, l’outil le plus efficace – pour transmettre cette information –, c’est bien Twitter. Donc, oui, cela peut permettre d’écouler de l’information.

En 140 mots maximum pour chaque message, vous êtes ainsi susceptible de diffuser tout ce que vous souhaitez. Vous êtes-vous fixé des règles ?
Oui, je m’impose des règles déontologiques par rapport à mon propre syndicat. Par exemple, je ne retweete pas les messages des autres syndicats par exemple. C’est le cas pour d’autres comptes pour d’autres raisons. Pour autant, si je ne les retweete pas, je les suis, ce qui me permet de me tenir au courant. Par ailleurs, je suis d’une nature aussi impulsive, aussi je fais très attention à ne pas balancer des choses sous le coup de la colère. Autre règle : quand un évènement est en huis clos, je ne tweete pas là non plus. Il est hors de question de divulguer les huis clos via les réseaux.

Vous tenez aussi un blog ? Depuis combien de temps ? Est-ce un complément à Twitter ?
Mon blog est fonctionnel depuis un an. Le cheminement est le même, ça a été au début pour essayer et puis je me suis pris au jeu. J’écris depuis longtemps des billets dans la Vendée agricole, maintenant, je les fais aussi pour mon blog. Je m’oblige à en écrire un chaque dimanche matin. Le dernier en date parlait des sons que j’aime entendre. Mais globalement c’est un blog qui parle d’agriculture. Et je mentionne sur Twitter chacun de mes nouveaux billets publiés sur mon blog, avec un lien pour y accéder.

Des professions ont mis en place des réseaux sociaux qui leur sont réservés. Cela existe-t-il en agriculture?
Cela existe en effet, mais ça ne fonctionne pas très bien pour le moment. J’ai une idée dans ce domaine-là que j’aimerais beaucoup voir se mettre en place. Je participe en effet à l’association AEI (Agriculture écologiquement intensive). C’est quelque chose qui va demander beaucoup d’échanges entre les agriculteurs. Et, je suis partisan de l’ouverture la plus large possible... Les réseaux sociaux peuvent servir à cela. Selon moi, ça peut être possible.

Vous semblez être un a-geek-culteur assidu... Quand trouvez-vous le temps de tweeter?
Tout le temps et partout. Partout, sauf au volant... Mais sinon, je ne m’impose pas de restriction. D’autant que j’ai deux fils, et qu’il n’y a guère que ma femme qui ne soit pas geek à la maison. Nous avons cinq ordinateurs fixes, trois portables et autant de smartphones que nous sommes, j’ai aussi une plaquette. C’est quelque chose qui non seulement m’intéresse, mais me plaît. Et c’est loin d’être une addiction à une forme de relations virtuelles... Je rencontre en effet – réellement – d’autres tweetos qui aiment, comme moi, échanger et se tenir informés.

Pour suivre Hervé Pillaud sur Twitter : @Herve_Pillaud, et via son blog : www.hervepillaud.blogspot.com

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