Le gouvernement français se serait sans doute volontiers passé de cette réunion de la dernière chance, à Genève, pour tenter de conclure le cycle de Doha. D’autant qu’assumant la présidence de l’UE, les ministres français présents n’ont pas toutes les marges de manœuvre pour jouer leur partition puisqu’ils doivent assumer celle de l’ensemble des pays membres.
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Sur le plan agricole, cette réunion est bien embarrassante en effet. Car en cas de conclusion positive, c’est tout l’échafaudage de la Pac de demain qui se trouve bousculé. Et on comprend Michel Barnier lorsqu’il fixe, comme condition à un bon accord, « la capacité de continuer dans le respect des accords internationaux une Pac après 2013 ». Si accord il y a, cela signifie la fin programmée pour 2013 des subventions à l’exportation des produits agricoles ; cela signifie aussi la réduction très forte des droits de douane qui protègent les exploitants européens. Autrement dit, les deux grands volets historiques de la Pac sont radicalement remis en cause. L’Europe devient un espace ouvert, sans outil pour compenser des coûts de production plus élevés que le reste du monde. Cela ne laissera pas beaucoup de marges de manœuvre pour imaginer une Pac d’après 2013 qui ne soit pas hors de prix pour le budget européen. Invités par la France à en définir les grandes orientations dès cet automne, les ministres de l’Agriculture de l’UE, en cas d’accord à l’OMC, n’auront sans doute pas beaucoup d’espace pour leur créativité. D’autant que les règles de l’OMC imposent déjà des contraintes à l’organisation des aides directes ou ce qu’il en restera. De fait, ce qui se joue aujourd’hui à Genève n’est rien moins que la survie de la Pac après 2013.