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Syndicat/Produits laitiers Syndifrais fédère autour de la défense du yaourt

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Alors que les chiffres publiés par le Cniel (lire la rubrique Produits et Marchés) font état d’une sérieuse baisse de forme des ultra-frais en 2004, l’assemblée générale de Syndifrais, le 2 mai dernier, avait des allures de plan Orsec. Car, selon le délégué général du syndicat, Bernard Cochin, « les Français font des choix pour arbitrer leur budget ». La baisse du budget consacré à alimentaire a ainsi atteint – 2 % en 2004 et devrait atteindre – 5 % pour l’année en cours, d’après Syndifrais. Pour expliquer précisément la baisse du chiffre d’affaires des produits ultra frais (4,17 mds EUR, - 1,5 % en 2004, contre 4,23 mds EUR en 2003 à + 4,5 %) le syndicat avance trois facteurs explicatifs : l’influence de la promotion des fruits et légumes et de la rumeur « anti-lait » ; les polémiques autour de l’obésité ; la montée des MDD et du hard-discount. Autant de combats à mener….

Sous la houlette de son délégué général, Bernard Cochin, chacune des six commissions du syndicat national des produits laitiers frais, rassemblant des membres issus de ses différents adhérents, a présenté ses réalisations, ses chantiers en cours et ses projets futurs. Bernard Cochin s’est d’ailleurs félicité de la coopération constructive de chacun des concurrents rassemblés à cette l’occasion pour la défense des produits laitiers vivants.

Une campagne de séduction

Pour contribuer à la relance du marché, la mission de la commission « communication », est donc de première importance : promouvoir la catégorie des produits laitiers frais. Pour stimuler la consommation, la « dernière née » des commissions de Syndifrais fait donc le choix d’une opération de communication d’envergure, en cours d’élaboration. Elle sera relayée auprès des consommateurs et des leaders d’opinion, sous le thème « Le yaourt vu par… » (un scientifique, un couturier, un grand chef, etc.) avec comme slogan « Le yaourt n’a pas fini de vous surprendre ». En construisant son image sur les trois dimensions plaisir / santé / tendance, le principal objectif de ce plan de promotion est clairement de débanaliser le yaourt, pour soutenir ses ventes, et de le protéger en tant que produit « vivant ».

Apporter des « preuves »

Pour étayer ses arguments, la commission « communication » peut compter sur la « mission scientifique » dont le but est d’apporter des « preuves » des bénéfices du yaourt. Menée par un comité mixte de médecins, de chercheurs et de responsables R&D, la mission concentre ses recherches pour parvenir à une meilleure connaissance des propriétés du « vivant ». Son travail consiste notamment à mener une veille scientifique, ce qui passe par la publication d’une lettre (5 numéros par an, 1600 exemplaires diffusés dont 300 en anglais), ciblant industriels, médecins, diététiciens, nutritionnistes, et par des rapports de synthèse, par thèmes ou par souches de bactéries.

Défendre les allégations

La commission « réglementaire » œuvre quant à elle à la reconnaissance de la qualité et des bénéfices des produits laitiers frais dans les textes, aussi bien français qu’européen. Au niveau national, ses principaux chantiers en cours constituent le suivi du décret fromage, en attente de publication, et la participation au groupe de travail de l’Atla sur la refonte du décret crème. À propos des textes réglementaires européens, les allégations nutritionnelles concentrent évidemment toute son attention, avec la volonté de modifier le seuil réglementaire pour la mention « source de calcium » qui pénalise aujourd’hui les produits peu denses dont les produits laitiers frais. Pour relayer ses positions, Syndifrais a ainsi pu compter sur l’Atla, l’Ania, l’EDA et la Ciaa. Un amendement a d’ailleurs été déposé à ce sujet, dans l’attente du vote du Parlement européen. Parmi les allégations, fonctionnelles cette fois, pour lesquelles le syndicat cherche à obtenir une reconnaissance réglementaire figurent les vertus des ferments lactiques du yaourt, favorisant la digestion du lactose. La modification de la directive 90/496/CE sur l’étiquetage nutritionnel est en outre suivie de près par cette commission.

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Une veille et un lobbying au service des adhérents

Ce travail de lobbying et de veille scientifique et réglementaire est relayé par les efforts de la commission « nutrition ». Ses actions en 2004 ont entre autres été de diffuser la position de Syndifrais concernant le rapport de l’Afssa sur les omégas 3 et de préparer l’audition de l’interprofession laitière à l’Afssa sur les glucides dans les produits laitiers frais. En 2005, ses objectifs sont de travailler sur leurs propriétés nutritionnelles, en restant à l’interface avec les autres commissions et la mission scientifique pour informer et faire des recommandations, soumises au conseil d’administration. Ses actions passeront également par la diffusion aux adhérents de notes d’information au fil de l’actualité.

Un guide de bonnes pratiques en chantier

Un projet de guide de bonnes pratiques, actuellement à l’étude, a par ailleurs été confié à la commission « qualité ». Son ambition est de formaliser un savoir faire commun afin de l’officialiser notamment au niveau européen, de le communiquer auprès du plus grand nombre et de se différencier par rapport à la concurrence étrangère. Le guide se présentera sous la forme d’un document de synthèse reprenant les référentiels officiels de qualité et les positions de Syndifrais au travers de codes de déontologie. Ces derniers reprennent des positions interprofessionnelles qui permettent de garantir une concurrence loyale et la qualité des produits à travers des minima, qui sont généralement supérieurs à ceux imposés par la réglementation, a tenu à rappeler Syndifrais.

Une pression de certains distributeurs

La commission « logistique » s’assure quant à elle d’une adéquation des flux logistiques avec les contraintes des produits laitiers frais. Déplorant une pression forte de certains distributeurs, qui incluent le marquage carton comme exigence dans leurs conditions d’achat et en font une condition pour assurer la traçabilité, la commission a énoncé ses positions. Selon Syndifrais, l’étiquette palette EAN 128 et le message EDI DESADV suffisent pour assurer la continuité de la traçabilité. Afin de défendre les intérêts de ses adhérents, des actions sont donc menées. Outre une intervention auprès de Gencod-EAN pour communiquer, une investigation sur la RFID (radio frequency identification) comme alternative au marquage carton est parallèlement en cours. .

La défense des produits « vivants » au niveau international

Enfin, l’assemblée générale de Syndifrais a été l’occasion de rappeler la création, le 20 janvier, de la YLFA (Yogurt and Live Fermented Milks Association) International par quatre membres fondateurs que sont Yoplait, Nestlé, Danone et le Japonais Yakult. L’association a pour vocation de fédérer au niveau international les acteurs industriels et institutionnels des yaourts et laits fermentés vivants, tels qu’ils sont définis au Codex Alimentarius, afin de promouvoir leurs bénéfices santé. Son rôle est de défendre et promouvoir les yaourts « vivants » contre les « thermisés ». Son ambition est maintenant d’accueillir d’autres membres, en donnant la priorité à l’Europe du Nord, sans pour autant s’empêcher de regarder du côté de l’Asie.