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Lobbying Syndifrais se bat sur plusieurs fronts réglementaires

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Le syndicat national des produits laitiers frais (Syndifrais), au sortir d'une année un peu moins morose que les deux précédentes (1), poursuit ses efforts de promotion principalement autour des atouts nutritionnels du yaourt. Un enjeu considérable à la veille de l'application du règlement européen sur les allégations nutritionnelles et de santé.

A l'initiative des industriels français, tout d'abord, les travaux de la mission scientifique de Syndifrais, qui comprend des chercheurs des secteurs publics et privés, ont commencé à faire autorité et sont relayés grâce à une lettre bimestrielle diffusée dans 69 pays, a-t-il été rappelé lors de la dernière assemblée générale du syndicat. A l'usage du grand public, la communication de la profession est passée aussi à une vitesse supérieure avec le concept « le yaourt vu par » lancé en 2005 et la mise en ligne en mars de cette année d'un site générique « leyaourt.com » dont le succès a été immédiat, aux dires de Syndifrais. Cette année va voir aussi déboucher l'esquisse d'un Guide de bonnes pratiques d'hygiène assorti d'un modèle HACCP pour chaque grande famille de produits frais (yaourt, fromage frais, dessert lacté).

Préparer des engagements nutritionnels collectifs

Mais surtout, suite aux appels lancés par le ministre Xavier Bertrand dans le cadre du PNNS 2, la profession se prépare à la rédaction d'une charte collective d'engagements volontaires nutritionnels ; le fait que certains de ses adhérents aient déjà enclenché individuellement une telle démarche avec le ministère de la Santé n'empêche pas Syndifrais de travailler dans ce sens. Sa commission nutrition, qu'anime une représentante de Danone, Silvy Auboiron, en a fait un de ses objectifs 2007, ce qui va l'amener à définir aussi des critères d'évaluation, par exemple les réductions à prévoir de la teneur en sucres simples ajoutés des produits laitiers frais (PLF), et à se doter d'un groupe de travail sur les portions et d'un autre sur l'information nutritionnelle au consommateur. Par ailleurs, cette commission, qui participe aux travaux PNNS/DGAL sur les glucides, se dote de son propre groupe glucides pour mieux défendre la position de Syndifrais, actualiser les bases de données de l'Afssa, etc.

Allégations : infléchir le règlement européen

En lien avec ces travaux, la commission réglementation du syndicat, présidée par Brigitte Rousseau, de Yoplait, se soucie principalement de faire reconnaître les qualités et bénéfices des PLF dans les textes réglementaires. A commencer par le règlement européen sur les allégations nutritionnelles et de santé, au moment où vont être arrêtés des « profils nutritionnels » définis par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Le but est de faire reconnaître dans ce cadre comme critères positifs les points forts des PLF que sont le calcium et les protéines, mais aussi d'obtenir que le lactose soit finalement exclu de la catégorie des sucres simples. Syndifrais se donne aussi pour objectif de faire modifier un point de l'annexe sur les allégations nutritionnelles car le seuil réglementaire prévu permettant l'allégation « source de calcium » est trop élevé, il pénalise les produits peu denses comme le sont les produits frais. Cette modification a été demandée par les relais habituels de la profession (Atla, Ania, EDA et CIAA) et passera par la procédure de comitologie pour, au mieux, une révision effective dans les deux ans après la sortie de la Directive Etiquetage.

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En ce qui concerne les allégations fonctionnelles, les efforts de Syndifrais vont porter sur une modification de cette annexe afin de pouvoir alléguer du fait que « les ferments lactiques du yaourt favorisent la digestion du lactose ». La même commission de Syndifrais se bat à propos du règlement sur l'addition de nutriments : ce texte a beau reconnaître le concept de « restauration » de nutriments, il ne définit pas cette pratique et la limite à certaines applications en ce qui concerne les vitamines A ou D, ou le cuivre et le zinc. Les adhérents du syndicat souhaitent au contraire conserver les conditions françaises actuelles, autrement dit que le règlement maintienne l'enrichissement autorisé en vitamine D et l'élargisse aux autres nutriments.

(1) voir dans ce numéro, rubrique Produits et Marchés