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Ce qui est vrai pour les agriculteurs l’est aussi pour leurs coopératives : sans faire de la taille une religion, les uns et les autres sont contraints de se regrouper, de massifier leur collecte ou les produits qu’ils commercialisent. D’avoir plus de moyens et de garanties pour investir, faire de la recherche, explorer de nouveaux marchés. La prise de conscience est maintenant bien réelle. En témoignent des opérations chez de très grosses unités (Champagne Céréales et Nourricia) qui auraient pu se croire jusqu’à présent à la taille idéale.
Mais pendant que les Français se regroupent entre eux, des Néerlandais, Danois ou Allemands franchissent leurs frontières et vont dans les pays voisins. Aucune coopérative française n’a encore procédé ainsi. C’est Lactalis, le numéro un français des produits laitiers, qui s’est jusqu’à présent, seul, offert ce « luxe » en rachetant une… coopérative !
Avoir une activité plus étoffée est également indispensable pour être prêt à prendre en main les éventuelles défaillances d’entreprises privées. Ici ou là, des entreprises privées sont en phase de succession. Ou sont d’ores et déjà en difficulté, compromettant l’avenir de leurs fournisseurs agricoles. Qui, demain, pourrait reprendre l’entreprise Doux, surendettée, contrainte de quitter Brésil et de se replier en Bretagne où pas moins de 3 000 éleveurs dépendent de son sort ? Qui va reprendre, demain, le spécialiste des volailles certifiées Duc, qui jongle avec des pertes une année sur deux quasiment ? Là encore, des légions d’éleveurs de volailles dépendent du sort de cette entreprise qui fut un champion, autrefois. Les nouveaux dirigeants du pays croient fermement aux vertus du mutualisme. Ils l’ont dit à maintes reprises. Peut-être est-ce le moment pour les coop de se donner tous les moyens d’une politique plus ambitieuse et internationale pour pérenniser les débouchés de ses adhérents.
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