La taxe carbone, dont le président de la République a annoncé les grands principes le 10 septembre, est typique de ces décisions en principe bien fondées mais mal assumées par le pouvoir politique. La première idée, émise par la commission de Michel Rocard, était de frapper fort la tonne de CO2. Et de pratiquer des compensations également fortes, pour les métiers qui seraient en difficulté, de même que pour les Français les plus modestes.
L’affaire a été mal comprise par les Français et mal gérée par le pouvoir. Celui-ci, effrayé par l’impact sur l’opinion, n’a pas évité la cacophonie et a fini par opter pour un taux plutôt faible et donc, forcément, une redistribution également faible. Du coup, la taxe ne changera pas les comportements tout en étant jugée injuste. C’était oublier que plus le taux était fort (donc la recette élevée) et plus l’État pouvait faire de l’exonération et de la compensation ciblées. Donc faire quelque chose d’efficace mais juste.
Les agriculteurs, les serristes évidemment mais les autres également, sont comme les Français. Ils comprennent une mesure si elle a du sens. Et si elle leur donne la possibilité d’évoluer, d’investir vers de nouveaux équipements, de nouvelles pratiques, ce que leur rentabilité rend difficile aujourd’hui.
Il eut été logique, aussi, de prendre en compte les services que rendent certaines professions, comme l’agriculture, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ou tout au moins d’intégrer dans le calcul de ce qu’on leur demande, ces effets positifs de leur activité. Mais il eut fallu, pour cela, avoir une approche technique et écologique de la taxe carbone. Et non une approche politique.
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