Les prétentions et objectifs affichés par l’UE dans la lutte contre le changement climatique justifient-ils l’ouverture d’un dossier énergétique politiquement et économiquement explosif, celui de la taxe carbone ? C’est pourtant ce que vient de faire, avec une prudence extrême, la Commission européenne, pour la bonne raison que l’Union doit envisager tous les moyens de ses ambitions. Parmi les secteurs directement visés, qui ne sont pas couverts par le mécanisme d'allocations de droits à polluer, figurent l’agriculture et les biocarburants. Les services bruxellois ont fait tourner leurs modèles informatiques pour évaluer l’impact d’un supplément de taxe sur les produits énergétiques de 22 euros par tonne de CO2, cas de figure « extrême », reconnaissent-ils. Eh bien, les agriculteurs européens, et leurs exportations, n’en souffriraient pas outre-mesure, selon ces calculs. D’autant que, en échange, ils pourraient bénéficier de réductions pour la partie « contenu énergétique » de la nouvelle fiscalité. A condition, toutefois, qu’ils offrent une « contrepartie », à savoir une amélioration de leur efficacité énergétique. Quant aux biocarburants – ceux qui sont durables s’entend – une telle écotaxe ne ferait que leur rendre justice. Sait-on que l’éthanol est aujourd’hui « le produit énergétique le plus lourdement taxé » ? Pour ces produits renouvelables, les experts européens avancent l’idée d’une exonération totale. Mais celle-ci serait temporaire, histoire de les laisser prendre leur essor. Car la perte de recettes fiscales pour les budgets publics serait colossale à l’horizon 2020, puisqu’elle équivaudrait à 0,2 % du PIB de l’Union. Explosif, effectivement.
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