Abonné

Taxes américaines : lourd impact pour l’export d’alcools français

- - 3 min

La filière française des vins et spiritueux craint un recul d’environ 800 M€ de ses exportations à cause des droits de douane de 20 % imposés aux marchandises de l’UE par l’administration Trump.

La menace brandie par Trump de taxes américaines à hauteur de 200 % n’a finalement pas été au bout. Mais la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) juge tout de même que la décision des États-Unis d’appliquer un droit de douane général de 20 % sur tous les produits importés de l’UE « entraînera des conséquences extrêmement lourdes sur le secteur des vins et spiritueux français et européens ». « En France, on peut craindre un recul des exportations d’environ 800 M€, ce chiffre passant à 1,6 Md pour l’UE-27. Un tel recul aura un impact énorme sur l’emploi et l’économie du secteur. » En 2024, la filière française a exporté quelque 2,4 Md€ de vin et 1,5 Md de spiritueux aux États-Unis, son premier marché à l’exportation (25 %). La FEVS souligne « l’importance de conserver un dialogue bilatéral ouvert et constructif autour d’un agenda positif sur les sujets de commerce transatlantique », « favorisant l’accès équitable et réciproque aux vins et spiritueux par l’élimination des droits de douane des deux côtés de l’Atlantique ».

Les cognacs et bordeaux principales victimes

De son côté, la Cnaoc (vignerons d’appellation d’origine) estime à « plusieurs centaines millions d’euros pour la filière » l’impact des nouvelles taxes douanières américaines, rappelant que le marché américain représente près de 25 % des produits viticoles exportés sous AOC et IGP. Pour les eaux-de-vie (cognac et armagnac), « c’est une catastrophe d’une ampleur inimaginable. En addition du conflit avec la Chine, ces taxes vont mettre en très grandes difficultés notre filière, avec un risque de cessations d’activité en chaîne en Charentes notamment », souligne Anthony Brun, vice-président de la Cnaoc et président de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC cognac, cité dans le communiqué. La filière des vins de Bordeaux est également très touchée. « Les États-Unis sont notre premier marché à l’exportation en volume et en valeur (près de 30 millions de bouteilles pour plus de 435 M€) ; l’impact commercial de cette taxe ne peut être évalué à ce stade, même si l’on constate depuis plusieurs semaines des annulations ou blocages de commandes auprès des exportateurs », ajoute Jean-Marie Garde, secrétaire général adjoint de la Cnaoc et président de la FGVB à Bordeaux.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Le 3 avril, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a tendu la main aux Américains pour trouver une solution négociée. Donald Trump avait menacé de passer ses surtaxes à 200 % si l’UE incluait le bourbon et les whiskys américains dans sa liste de rétorsions, comme elle l’envisageait. Depuis, Bruxelles a reporté à la mi-avril la publication de sa liste de représailles.

La FEVS craint un recul des exportations de 800 M€