Le leader français des sirops a suspendu le 22 novembre, « jusqu’à nouvel ordre », la cotation de son titre. Il mène des « négociations très avancées » avec un industriel – le groupe Fruité, croient savoir les Echos – susceptible d’en prendre le contrôle.
Tout semblait pourtant pour le mieux, à entendre les dirigeants du groupe Teisseire à la mi-mai, lors de la présentation des résultats de l’entreprise Agra Industrie n° 64. Le président, Eric Reynaud, se prévalait alors d’un « groupe d’actionnaires solide », et d’ambitions qu’autorisait, selon lui, le redressement obtenu en 2003. Le directeur général, Michel Collin, évoquait, pour sa part, l’éventualité d’opérations de croissance externe. N’étaient la présence dans la salle de conférence de vigiles, qui renvoyait aux pires moments des querelles familiales, et les confidences de concurrents sur une prochaine cession du groupe, la visibilité sur le devenir du groupe paraissait s’améliorer.
Des schémas d’ouverture du capital
Certes, après avoir un temps démenti l’arrivée d’un nouvel actionnaire, les dirigeants avaient convenu être à la recherche d’un investisseur « dans le cadre du développement de l’entreprise », et étudier divers schémas. Apparemment, les partenaires financiers potentiels ne se sont pas bousculés au portillon, puisqu’il est désormais question d’un « repreneur industriel », susceptible de prendre le contrôle du groupe, les négociations étant très avancées. Il faut dire que le groupe qui a affiché l’an passé un chiffre d’affaires consolidé de 156,7 millions d’euros, évolue sur un marché qui demeure très franco-français et saisonnier.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En revanche, s’il se confirme que le repreneur est bien le groupe Fruité, présidé par Thierry Meunier, comme l’avancent Les Echos du 23 novembre, l’entrepreneur signera une belle opération. Parti en 1996 de l’achat de Fruité au groupe Danone, celui-ci a multiplié les acquisitions au cours des dernières années. Reprenant à Lactalis ses jus de fruits Bric Fruit, il doublait du même coup son chiffre d’affaires à quelque 450 millions de francs en 2000. Un an plus tard, il rachetait, à Teisseire déjà, sa filiale Unisource, qui lui a permis de se lancer dans les bocaux de verre, avant d’avaler en 2003 le fabricant de produits laitiers Savoie Yaourt. Afin de conclure l’opération, Thierry Meunier devrait toutefois accueillir dans son capital à un ou plusieurs fonds d’investissements. A ce jour, il est épaulé, entre autres, par la Spef-Banques populaires.
Teisseire en chiffres Les résultats : 156,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2003, dont 79 % en France, en hausse de 7,1 % et 9,5 % à périmètre comparable. 10 millions d’euros de résultat d’exploitation, et 9,7 millions de bénéfice net intégrant un résultat exceptionnel de 4,7 millions. Les activités : les sirops pour 80 % des ventes (124,7 millions d’euros) avec une part de marché de 33,7 % en valeur ; les jus pour 24 millions d’euros. Une filiale en Hongrie, numéro trois des jus avec en chiffre d’affaires de 13,3 millions d’euros (ventes en Russie incluses). Le capital : holding Cofidi 62 %.