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Témoignage : faire des économies à tout prix

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Une cinquantaine de producteurs de lait ont bloqué, lundi 25 mai, toute entrée et sortie de la laiterie Entremont-Alliance, à Quimper (Finistère), une des laiteries empêchées de fonctionner dans l’Ouest, à l’appel de la FNPL. De jeunes agriculteurs, des producteurs plus âgés, des jeunes aussi, des futurs éleveurs en bac pro « conduite et gestion d’exploitations agricoles », tous inquiets des résultats économiques de l’année 2009. « Ce ne sont pas les gens de 40-50 ans qui vont souffrir, mais les jeunes investisseurs », déplore Thierry Duquesne, éleveur en GAEC avec son fils à Mahalon (Finistère).

Selon lui, les éleveurs laitiers disposent de capacités de résistance financière nettement inférieures à celle des éleveurs de porcs. « Une truie entre en production au bout de 11 moins, une vache à 30 mois », résume-t-il. Aussi craint-il qu’à la fin de l’année, beaucoup de laitiers soient en difficulté.

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Pour l’heure, les producteurs cherchent par tous les moyens à réduire leurs charges d’exploitation. Mais leur marge de manœuvre est limitée. Philippe Cariou, jeune éleveur de 32 ans qui a rejoint, il y a quatre ans, le GAEC familial à Plonéour-Lanvern (Finistère) – 700 000 litres de quota –, agit sur les intrants. « Cette année au moment des semis de maïs, nous n’avons pas mis d’engrais starter », explique-t-il.

Les éleveurs s’interrogent aussi du bien-fondé de leur abonnement au contrôle laitier. Philippe Cariou et ses associés familiaux ont bien songé, parallèlement, à dégager de nouvelles recettes. Mais là encore, difficile de trouver de nouvelles sources de richesse. « L’engraissement de bêtes à viande prendrait de la place sur notre SAU. Le légume industrie ? Nous y avons pensé, mais iI faut des surfaces importantes, et investir dans l’irrigation. » Les jeunes en formation, futurs éleveurs, ont déjà conscience que les fermes laitières qu’ils conduiront, demain, devront consommer « moins d’intrants, moins de carburants ». De fait, disent-ils, ils privilégieront l’herbe au maïs dans l’assolement, et pratiqueront, selon la nature des sols, l’agriculture sans labour.