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Charcuterie/Acquisition Tempé est reprise par quatre de ses cadres

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Mise en redressement judiciaire en mars dernier, la société Tempé vient d’être reprise par quatre de ses cadres, associés à une société d’investissement luxembourgeoise, Ambassador Foods. Cette dernière entre au capital de la société à hauteur de 95 %, le solde étant détenu par les quatre cadres. Le projet de reprise accepté par le tribunal de commerce de Mulhouse prévoit de conserver 300 emplois sur un effectif total de 373 salariés. Henk Blom, l’ancien p.-d.g., restera dans l’équipe de direction en tant que consultant. En 2007, Tempé a commercialisé 7 500 tonnes de produits finis pour un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros, dont 40 % réalisés grâce à son activité de charcuterie de détail.

La société charcutière alsacienne Tempé va pouvoir poursuivre son activité. Le tribunal de commerce de Mulhouse a accepté l’offre de reprise proposée par quatre des cadres de la société, qui ont reçu l’appui financier d’une société privée d’investissement luxembourgeoise, Ambassador Foods. « Notre souhait est de maintenir l’intégrité de la société, d’assurer la continuité de ses activités et de poursuivre son développement. Cette équipe est en place depuis trois ou quatre ans et Tempé se porte de mieux en mieux », note Frédéric Kiszko, nouveau directeur général de Tempé, et ancien directeur qualité. Il est associé à Eric Ferry, devenu directeur commercial, à Pascal Zurbach, directeur production et Catherine Uffoltz, directrice des points de vente.

Tempé avait été mise en redressement judiciaire en mars 2008 à la suite d’un contentieux entre la direction et les syndicats. Ces derniers avaient demandé l’application de la convention collective de l’industrie charcutière, alors que celle de la charcuterie de détail était appliquée dans l’entreprise. Cette démarche a entraîné des charges salariales supplémentaires pour la direction de l’époque estimées à environ 9 millions d’euros par l’ancien directeur général Henk Blom, charges que la société ne pouvait régler. Henk Blom restera d’ailleurs dans l’entreprise en qualité de consultant.

Trois filiales distinctes

En reprenant l’entreprise avec un passif épuré, les quatre cadres vont créer une holding mère baptisée Tempé Gestion qui sera propriétaire de trois filiales : Tempé détail, Tempé production et Tempé traiteur (comprenant les sociétés Flammyburg et le Traiteur alsacien). Si, pour le moment, la convention collective de l’industrie charcutière est appliquée à tous les employés, la nouvelle direction prévoit de demander l’application d’une convention correspondant à chacune des activités, la démarche pouvant prendre plus d’un an.

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Du côté des syndicats, la nouvelle de la reprise par les quatre cadres n’a pas été reçue avec ferveur. Danielle Sage, déléguée syndical FO, s’est dit « estomaquée » par la décision du tribunal qui remet à la tête de l’entreprise « les mêmes cadres qui ont contribué à 20 millions d’euros de pertes cumulées ». « Bientôt l’usine Tempé ne sera plus qu’un siège social », compte tenu du développement de la sous-traitance qu’entendent mettre en place les repreneurs. Frédéric Kiszko précise que « la sous-traitance pourrait être envisagée sur des points précis, par exemple sur des produits fabriqués en petite série et qui ne sont pas stratégiques pour l’entreprise », ajoutant « le projet déposé est clair et concerne la reprise de l’ensemble des activités. La notoriété de Tempé est basée sur les produits qu’elle fabrique ». Le plan stratégique de la nouvelle équipe devrait être formalisé à la fin de l’année.

En 2007, Tempé a réalisé un chiffre d’affaires de 49 millions d’euros, dont 40% réalisés grâce à ses points de vente, pour une production de 7 500 tonnes.