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Etude Tension sur la ressource en eau en métropole

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Au regard de quarante ans de données collectées sur certains cours d’eau, une étude de l’Onema et d’Irstea s’inquiète de la tension qui se confirme sur les cours d’eau du sud de la France.

C’est « clairement une tendance à la baisse de la ressource en eau de surface, et à l’aggravation des étiages sur de vastes portions du territoire (particulièrement la moitié sud, mais pas seulement) » que constate une étude conjointe de l’Onema et d’Irstea (Office national de l’eau et des milieux aquatiques et l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture). Les deux instituts ont analysé précisément les données collectées pendant 40 ans (entre 1968 et 2007) sur 236 points de collecte du réseau métropolitain de surveillance, représentatifs de la diversité hydrologique de ses cours d’eau.
 
Disparité nord/sud
Une nette séparation nord/sud apparaît pour deux des paramètres étudiés. D’abord la sévérité des étiages (déficits exceptionnels de volumes d’eau dans les rivières) s’accentue clairement dans le sud de la France, « notamment dans les Pyrénées, le Massif Central et le Jura, ainsi qu’en Aquitaine et sur le pourtour Méditerranée ». Le Nord est moins touché par cette tendance. Ensuite, les débits des cours d’eau (plus précisément leur moyenne annuelle) sont aussi significativement en baisse dans la moitié sud du pays. En revanche, « aucune tendance significative n’est détectée sur le nord de la France.
Le maximum annuel de débit des cours d’eau, également étudié, présente aussi une distinction nord-sud. « Dans la partie nord, les tendances, bien que souvent non significatives, sont généralement positives, écrivent les auteurs. Plusieurs tendances cohérentes à la hausse peuvent notamment être observées dans le nord-est du pays. Inversement, les tendances sont généralement négatives dans la partie sud du pays, avec des regroupements cohérents de tendances à la baisse dans les Pyrénées ou le Massif Central ». Des données sur la même période et sur les Dom ont été collectées, mais, trop contrastées, elles n’ont pas donnée lieu à des conclusions dans ce rapport.
 
Climate change or not ?
Les situations de pénurie d’eau « risquent, pour une part au moins, d’être aggravées par les perspectives de changement climatique, mais aussi plus généralement de changement global (démographie, demandes agricole et énergétique, urbanisation...) », notent les auteurs de l’étude. Ils ont donc cherché, à savoir si leurs observations pouvaient être corrélées aux changements climatiques et si elles peuvent y être imputées. Ils n’ont pu conclure sur ce point. Seul le renforcement de la sévérité des étiages pourrait en partie être liées aux « oscillations climatiques » naturelles et pluridecénales.
« Si ce panorama connaît dans le détail des situations contrastées voire favorables, et bien que l’attribution au changement climatique ne soit pas établie, il n’en reste pas moins qu’il signe une situation de tension sur la ressource confirmant de nombreuses observations de terrain », conclut le rapport. Pour les auteurs, cela « confirme l’intérêt de mener des actions volontaristes de préservation de la ressource et d’économie d’eau, dans le cadre d’une gestion équilibrée garantissant de façon pérenne la préservation du bon fonctionnement des milieux aquatiques et la satisfaction des usages. »

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