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Tensions autour des tarifs logistiques

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L’industrie agroalimentaire a appelé, le 25 mars, « à la raison » après des hausses de tarif « non concertées » d’importants transporteurs. Le groupe Stef est déjà revenu sur une hausse annoncée le 24 mars.

Dans une lettre ouverte parue le 25 mars, Richard Girardot, le président de l’Ania (industrie agroalimentaire) a lancé « un appel à la raison sur les tarifs du transport et de la logistique », après que des annonces de hausses de tarifs ont été faites la veille « de façon non concertée » par d’importantes sociétés de transport. Si le président de l’Ania dit « comprendre parfaitement les conséquences de la crise sur les entreprises de logistique et de transport », il rappelle que « les entreprises de l’alimentation sont dans la même situation ». Et d’appeler à une « union sacrée » par « le dialogue et la solidarité ».

Selon les informations du quotidien Les Marchés, le transporteur Stef serait revenu, ce 25 mars, sur l’augmentation de tarif de 8,5 % annoncée la veille. Un autre transporteur, STG, avait également annoncé une hausse du même ordre. De son côté, le ministère de l’Economie fait savoir, le 25 mars, que la DGCCRF suit le dossier « pour s’assurer qu’il n’y a pas d’abus et, si c’est le cas, elle agira ». Et de préciser : « Ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’il est plus cher de faire de la logistique avec la crise, car 50 % des camions roulent à vide. »

La filière veut être consultée

« On comprend qu’il y ait des surcoûts dus aux retours à vide mais, pour nous, cela doit faire partie d’une négociation », avait réagi le 24 mars le directeur de l’Association nationale pommes poires (ANPP) Josselin Saint-Raymond. Le secteur faisait état d' « une hausse des coûts de transport qui peut aller de 8,5 à 30 % ». Pour lui, il est « hors de question » que les producteurs de pommes paient le prix fort sans être consultés alors que la campagne 2019-2020 est « extrêmement mauvaise ».

« Un surcoût important se profile », constatait le président du Snia (fabricants d’aliments), François Cholat dès le 18 mars. « Les transporteurs qui nous livrent nos matières premières ont du mal à trouver du fret pour leur voyage retour », constate-t-il, car « beaucoup d’autres secteurs économiques tournent au ralenti, voire sont à l’arrêt. » Une situation qui pourrait provoquer des surcoûts moyens de 25 % environ, d’après le Snia.

Circulation le dimanche autorisée

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Des mesures avaient pourtant été prises pour limiter la tension dans le secteur. « L’autorisation de rouler pour les poids lourds sera valable jusqu’à mi-avril (et non plus que pour ce dimanche comme prévu initialement) », avait indiqué le secrétariat d’État aux Transports, dans un communiqué le 20 mars. Un arrêté est sorti le 21 mars en ce sens.

Le 19 mars, le ministère de la Transition écologique (dont dépendent les transports) avait annoncé une série de mesures pour « soutenir l’activité des professionnels du transport et de la logistique », mise sous tension par l’épidémie de coronavirus. Parmi elles, une « autorisation exceptionnelle à la circulation de tous les poids lourds » qui n’était valable que « ce dimanche ». « L’arbitrage vient de tomber, les choses se construisent au fur et à mesure », indique le cabinet de la ministre de la Transition écologique à Agra Presse. Et de préciser : « Nous devons prendre cette mesure uniquement parce que les Français ont stocké des pâtes. Nous préférerions éviter de faire rouler les chauffeurs plus qu’ils ne font déjà. »

Dans un autre arrêté paru le 21 mars, le gouvernement a par ailleurs permis temporairement une « augmentation de la durée journalière de conduite, dans la limite de dix heures par jour ou de onze heures par jour, deux fois par semaine ». La durée hebdomadaire de conduite pourra aussi atteindre 60 heures par semaine et 102 heures sur deux semaines consécutives. Ces dérogations sont accordées pour une période de 30 jours.

Des hausses de tarif « non concertées »

Des mesures du gouvernement pour fluidifier le trafic