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Tensions dans l’interprofession apicole autour du plan pollinisateurs

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Plusieurs organisations membres d’Interapi critiquent une récente prise de position publique de son président sur le plan pollinisateurs.

Par une lettre ouverte envoyée le 20 avril, les représentants de plusieurs organisations de l’interprofession apicole dénoncent la tribune concernant le plan pollinisateurs publiée le 15 avril par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, aux côtés d’Eric Lelong (président de l’interprofession apicole Interapi et de la commission apicole de la FNSEA) sur le site du quotidien Le Monde. Pour les signataires, dont Franck Aletru (SNA), Christian Pons (Unaf), et Thierry Doliviet (commission apicole de la Confédération paysanne), cette tribune a été « rédigée à leur insu et sans aucune concertation ».

Dans leur tribune, Christiane Lambert et Éric Lelong demandent au gouvernement de ne pas centrer le plan pollinisateurs « sur l’interdiction de certains produits de traitement ». Traitements adaptés aux spécificités mellifères, adaptations de calendrier de traitement de semis, fauche tardive, en adaptant les calendriers de traitement et les dates de semis, ou encore fauche tardive : pour le syndicalisme majoritaire, de nombreuses solutions « constructives et partagées » existent sur le terrain, et devraient être privilégiées à l’approche réglementaire.

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Différend phytosanitaire

De leur côté, les signataires de la lettre ouverte estiment au contraire nécessaire de suivre les recommandations de l’Anses. Dans son dernier avis sur le sujet, publié en 2019, l’agence suggère, entre autres, d’élargir la mention "abeille" à toutes les molécules, et d’interdire les épandages sur cultures mellifères en fleurs avant le coucher du soleil. « Appliquer ces recommandations permettra à l’apiculture de ne plus subir la dictature agrochimique sans issue, et de retrouver sa vocation originelle d’alliée de la production agricole », estiment les signataires de la lettre ouverte.

Comme ils le rappellent, le recours aux traitements de nuit, dont le ministre de l’Agriculture a fait une ligne à ne pas franchir, est déjà pratiqué de manière volontaire depuis plusieurs années par la FDSEA de Vendée, la Coopérative des Vins des Coteaux de Buzet, ainsi que par la Cavac pour les semences de colza, ou encore par l’association Pommes-Poires dans le cadre des vergers labellisés « éco-responsables ». Des efforts qui permettent « aux agriculteurs de bénéficier de l’impact économique considérable que génère la pollinisation de leurs cultures, quantitativement et qualitativement, et de réduire significativement, aussi, les quantités de pesticides utilisés ».

Centrer ou non le plan pollinisateurs sur les phytos