La Commission européenne et les pays du Mercosur vont tenter de procéder d'ici la fin de l'année à l'échange d'offres pour l'accès au marché dans le cadre de leurs négociations pour la conclusion d'un accord commercial. Un accord auquel sont opposées les organisations agricoles de l'UE.
La commissaire européenne Cecilia Malmström et les ministres du commerce des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) sont convenus, lors d'une réunion en marge du sommet UE/Amérique latine et Caraïbes, le 11 juin à Bruxelles, d'œuvrer pour un échange des offres pour l'accès au marché au dernier trimestre 2015. « Nous avons eu une réunion très positive et nous sommes tous engagés à faire de réels progrès », l'objectif étant de « conclure un accord commercial global et équilibré », a déclaré la commissaire au commerce devant la presse, à l'issue de la rencontre.
Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont rappelé, à cette occasion, leur opposition à un tel accord qui, selon elles, pourrait avoir un impact catastrophique sur le secteur agricole européen, en particulier celui de la viande bovine.
Offres d'accès au marché possibles « d'ici la fin de l'année »
Avant l'échange des offres pour l'accès au marché, Bruxelles et le Mercosur vont notamment chercher à clarifier leurs positions sur certains chapitres de la négociation, comme les indications géographiques, les lignes tarifaires, la portée de l'accord et les questions sanitaires et phytosanitaires. « La prochaine étape est l'échange des offres pour l'accès au marché. Pour y parvenir, nous avons encore besoin de déblayer le terrain. Nous devons nous fournir mutuellement des réassurances sur le niveau d'ambition de nos offres respectives et répondre à quelques questions techniques. Nous avons chargé nos négociateurs en chef d'accélérer et de s'engager davantage dans cette phase exploratoire et d'essayer d'obtenir autant de réponses que possible », a précisé Cecilia Malmström. « Pourvu que nous soyons à l'aise avec les réponses apportées et que le processus technique avance, nous espérons que nous aurons une possibilité d'échanger ces offres d'ici la fin de l'année », a-t-elle ajouté.
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Le bloc sud-américain « est prêt »
Aux côtés de la commissaire européenne, le chef de la diplomatie brésilienne, Mauro Vieira, a affirmé l'engagement du Mercosur en faveur d'un accord. « Nous devons avoir un accord ambitieux couvrant tous les domaines d'intérêt des deux parties », a-t-il déclaré, promettant des efforts du Brésil, qui prendra la présidence tournante du Mercosur le 17 juillet, pour stimuler le processus de discussion en vue d'un échange d'offres sur l'accès au marché « au dernier trimestre 2015 ». Le ministre brésilien a aussi tenté d'afficher l'unité du bloc sud-américain en réponse à des questions de la presse sur la participation active de l'Argentine aux pourparlers (1). « Nous avons dit très clairement à la partie européenne que notre offre sur l'accès au marché est une offre au nom de quatre pays du bloc – le Venezuela ne signera pas l'accord pour le moment car il est encore en processus d'accession au Mercosur », a-t-il expliqué, assurant que ce dernier « est prêt ». L'UE et le Mercosur négocient depuis 1999 un accord d'association incluant un accord de libre-échange. Après un gel de six ans, les pourparlers ont été relancés en 2010. Les offres pour l'accès au marché, qui couvrent les produits agricoles et industriels, mais aussi les services et les marchés publics, n'ont toujours pas été présentées, malgré un engagement pris en ce sens au niveau ministériel en janvier 2013.
(1) Voir n° 3485 du 23/02/15