Face aux conditions météorologiques « extrêmes » en 2023-2024, Tereos a annoncé cinq mesures pour accompagner ses coopérateurs, pour un montant de 2,3 M€. Malgré une baisse des primes et indemnités de campagne, le groupe souligne par ailleurs une rémunération totale à plus de 48 €/t à 16°, un niveau « jamais atteint » auparavant.
Alors que les conditions météorologiques ont été « extrêmes » au cours de la campagne 2023-2024, le groupe sucrier Tereos (marques Béghin Say, La Perruche) a annoncé vouloir « accompagner tous les coopérateurs ayant permis collectivement de maintenir les usines en fonctionnement », rapporte un document transmis le 11 mars à Agra Presse. En effet, des pluies abondantes et fréquentes se sont installées pendant plus d’un mois dans l’ensemble des régions, provoquant un ralentissement des usines de 15 % dans le Nord et Origny, suivies d’épisodes de gel en décembre et janvier.
En tout, le groupe estime ses mesures d’accompagnement aux producteurs de betteraves à 2,3 M€, soit un montant moyen de 0,18 €/t à 16° en 2023-2024. Un montant qui vient s’ajouter aux 2,2 M€ de « surcoûts industriels » liés au ralentissement des usines, nécessaire au « bon équilibre » entre approvisionnement et betteraves et cadences des usines, souligne Tereos. Parmi les mesures mises en place figure notamment un accompagnement autour de la tare terre.
Un accompagnement autour de la tare terre
En novembre 2023, la coopérative avait annoncé le plafonnement du taux de tare terre à la moyenne Tereos de 14,91 % pour la période du 10 novembre au 19 novembre, dans le Pas-de-Calais (Attin, Boiry et Lillers), et ce pour faciliter la reprise des arrachages. Désormais, cette mesure est étendue à toutes les usines du groupe sucrier pour les arrachages intervenant entre le 23 octobre et le 1er décembre. À lui seul, cet accompagnement représente environ 39 % de l’enveloppe totale débloquée par Tereos.
Autre mesure mise en place, celle du plafonnement de la participation à la tare terre à 180 €/ha pour tous les silos arrachés à partir du 4 décembre. En tout, ce sont près de 600 silos qui seront concernés par cette mesure d’accompagnement. En outre, le groupe sucrier prévoit trois mesures d’accompagnement autour du stockage et de la conservation des tubercules. La coopérative propose un doublement du barème de stockage pour la période du 15 décembre au 25 décembre, passant de 0,05 à 0,10 €/t à 16° par jour. Pour les betteraves en stock, arrachées et protégées avant le 1er décembre, avec une date de mise à disposition après le 20 décembre, 1 300 silos bénéficieront en moyenne de 0,46 €/t à 16°. Quant à celles en stock, arrachées avant le 1er décembre mais non protégées avec une date de mise à disposition après le 20 décembre, 1 200 silos concernés par cette mesure qui bénéficient en moyenne de 0,32 €/t à 16°.
Par ailleurs, le groupe sucrier prévoit un versement exceptionnel de l’indemnité de stockage pour les silos en retard de mise à disposition, postérieure au 25 octobre. Enfin, il propose la protection des silos pour les coopérateurs ayant rencontré des difficultés dans la gestion de la protection, et notamment dans la prestation de bâchage et débâchage. À l’ensemble de ces mesures s’ajoute un relèvement de la ristourne sur l’activité de 1,50 € à 2,10 €, ce qui représente un différentiel total de 8 M€. En tout, le montant total de la rémunération betteravière s’élève à plus de 48 €/t à 16°, dont un prix d’acompte de 42,10 €/t à 16° jusqu’à 110 % de l’engagement.
À noter que les primes et indemnités de campagne ont évolué à la baisse, notamment en raison d’une diminution de la richesse passée de 18° à 16,2°. « En moyenne, le montant des primes et indemnités de campagne passe de 1,50 €/t à 16° à 1 €/t à 16° », précise Gérard Clay, président de Tereos, dans un courrier envoyé à ses coopérateurs. Reste qu’une « telle rémunération », à plus de 48 €/t à 16°, n’avait « jamais été atteinte » auparavant, précise M. Clay.