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Tereos au ralenti à cause d’une grève d’une semaine

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Le groupe sucrier Tereos a annoncé le 21 octobre la fin du mouvement social qui avait débuté le 15 octobre et conduit à des perturbations dans six usines. En pleine campagne betteravière, le niveau de production global a été assuré à 60 % de la capacité sur la période, a précisé la direction de l’entreprise.

« Suite à un protocole de reprise du travail à effet immédiat signé avec les trois organisations syndicales à l’origine du mouvement CFDT-CGT-FO, l’ensemble des sucreries de Tereos France reprend une activité normale », affirme un communiqué de presse. « Le protocole signé ce jour fixe notamment le montant des augmentations salariales de l’année 2015, qui s’élèvent à 1,1 % pour les augmentations générales et à 0,3 % pour les augmentations individuelles », est-il précisé. L’intersyndicale CGT-FO-CFDT avait dit réclamer une augmentation salariale semblable à celles des entreprises concurrentes (Cristal Union et Saint-Louis), autour de 1,8 % à 1,9 %.

La direction a lâché du lest

Une mobilisation gagnante, à en croire le délégué syndical central FGTA-FO Dominique Ibatici. « L’accord de fin de grève prévoit un socle de 2 % d’augmentation », a-t-il déclaré à Agra Presse. Tereos a donc lâché du lest, ayant mis sur la table des négociations « 1,1 % d’augmentation générale et deux autres mesures, dont le total fait 1,65 % », comme indiqué le 20 octobre par le directeur industriel Didier Corsa soulignant au passage qu’un ouvrier gagnait plus de 40 000 euros bruts dans le groupe.

« Les salariés de Tereos ont repris le travail ce matin (du 22 octobre) après sept jours de grève, a salué la CGT dans un communiqué. L’accord signé porte sur les salaires, les primes et la part de la mutuelle prise en charge par l’entreprise ainsi que l’ouverture de négociations sur l’organisation et les conditions de travail. Au total, ces avancées représentent 2 % d’augmentation alors que la direction, suivant les recommandations de l’organisation patronale (SNFS), avait imposé 0,8 % lors des négociations annuelles. »

Une « liquidation » historique

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Le mouvement de grève, qui a débuté le 15 octobre, « est monté crescendo », avec « un préavis de grève le 19 octobre de quatre heures par poste (sur une durée de sept heures, ndlr) », ce qui a eu pour conséquence « d’empêcher l’entreprise de tourner dans des conditions normales de sécurité », selon Thierry Baillieu, délégué syndical central CFDT. « La direction a pris l’initiative de liquider les établissements, c’est-à-dire de procéder à un arrêt (de l’alimentation en betteraves), c’est historique dans l’histoire du sucre en France », a-t-il dit.

Le 20 octobre après-midi, la direction avait indiqué que les sites de Boiry (Pas-de-calais), Escaudoeuvres (Nord), Artenay (Loiret), Bucy (Aisne), Chevrières (Oise) et Origny (Aisne) étaient touchés par cette grève, en pleine campagne sucrière. Des débrayages ont affecté trois autres sucreries à Lillers et Attin (Pas-de-Calais) ainsi qu’à Connantre (Marne), d’après la FGTA-FO. « Durant ce mouvement social, les sucreries sont toutes restées en activité, a affirmé Tereos. Le niveau de production global a été assuré à 60 % de la capacité sur la période et toutes les livraisons auprès des clients ont été effectuées normalement. »

Tereos, premier fabricant français de sucre, compte 12 000 coopérateurs et emploie 4 000 salariés sur le territoire national, pour 15 Mt de betteraves transformées.

JCD

Une production à 60 % de la capacité sur les 7 jours de grève