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Sucre/Stratégie Tereos résiste à la crise grâce à la diversification de ses activités

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Si Tereos estime la baisse de son chiffre d’affaires « limitée » sur 2008/2009, c’est grâce à la diversification de ses activités et à la progression des ventes de sucres et d’alcools au Brésil. Fort des bons résultats de cette stratégie, le groupe sucrier compte la poursuivre dans les années à venir. « Doubler sa capacité » dans les 5 prochaines années fait partie de ses objectifs.

Un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros, « en baisse limitée de 7,7 % » : voilà comment les dirigeants de Tereos, qui tenaient une conférence de presse le 10 mars à Paris, qualifient les résultats du groupe sur 2008/2009. C’est le marché européen qui a plombé la croissance. Les ventes de sucres et d’alcools s’affichent en baisse de 5,9 % par rapport à la campagne précédente, en raison de la baisse des quotas et des difficultés rencontrées fin 2008 sur les marchés de l’alcool et de l’éthanol. Le chiffre d’affaires de cette branche n’est que de 1,73 milliard d’euros contre 1,84 Md un an plus tôt. Mais c’est le marché de l’amidon qui s’en sort le moins bien, avec un recul de 17,7 % à 1,1 milliard d’euros. Une baisse « logique », selon Alexis Duval, directeur financier du groupe Tereos également en charge de l’international, « compte tenu de la baisse des volumes de 8 % liée à la réduction de la demande dans le secteur des papiers et cartons ». Encore faible au regard des autres activités puisqu’il ne représente qu’un chiffre d‘affaires de 453,7 millions d’euros, le secteur des sucres et alcools brésiliens, fort d’une progression de 19,5 % par rapport à 2008, affiche néanmoins une solide santé. Et il contribue clairement à la limitation de la baisse de l’activité de l’industriel.

Des ambitions à l’international
Tereos a bien l’intention de poursuivre la consolidation de ses activités à l’étranger, une orientation qui semble bien lui réussir. « Les cours sont devenus de plus en plus volatils parce que la Pac ne joue plus son rôle de stabilisateur », a rappelé Philippe Duval. Il s’agit donc pour l’industriel de se protéger en ne mettant pas tous ses oeufs dans le même panier tout en profitant des opportunités offertes sur le marché mondial. Alors qu’en 2004/2005, l’Ebitda issu des activités de diversification ne représentait que 71 millions d’euros, il en totalise sur 2008/2009 276 millions. Un chiffre bâti sur des investissements constants. Depuis le printemps 2009, le groupe détient 69 % du capital de sa filiale brésilienne Guarani. Début 2010, celle-ci s’est enrichie d’un nouveau site de production, situé à Vertente à proximité de ses autres usines, qui a été racheté pour 41 millions d’euros en joint venture avec un groupe brésilien. « Nous avons un parc industriel de très haut niveau, sa taille est comparable à nos usines européennes », a souligné Alexis Duval. La production de sucre de Guarani est vendue pour moitié aux grands groupes agroalimentaires présents sur le marché brésilien, le reste étant expédié à l’international par containers sous forme de produits finis. Une stratégie atypique que Tereos compte bien maintenir.

Tereos affermit ses positions à La Réunion
Sur 2009/2010, le groupe devrait également prendre pied plus sérieusement à La Réunion. Fin 2009, Tereos a signé un protocole d’accord pour reprendre 66 % du groupe Quartier Français, qui possède deux usines dans l’île. L’opération qui n’est pas encore finalisée devrait représenter un investissement de 200 à 250 millions d’euros. Tereos ne conservera pas les activités spiritueux de ce groupe dont on sait, par ailleurs, qu’il reste l’un des candidats au rachat de Marie Brizard auprès de Belvédère. « Le produit de cette cession financera ce qui nous intéresse », a souligné Philippe Duval, président du directoire du groupe. Car c’est bien parce que le marché du sucre réunionnais apparaît porteur que l’industriel investit. « Une revalorisation significative du prix d’achat de la canne de 11 euros/t pour les planteurs leur a donné un regain d’intérêt pour la culture, a indiqué Alexis Duval. Et de nouvelles variétés de canne dont les rendements sont supérieurs de 40 % aux variétés plus anciennes sont en train d’être mises au point ». Des synergies vont être mises en oeuvre entre les deux usines réunionnaises ainsi qu’avec les sites du Mozambique et de la Tanzanie. Cet achat doit notamment sécuriser l’approvisionnement des sucres Blonvilliers et La Perruche ainsi que le raffinage à Olmedo.

Une soupape de sécurité grâce aux céréaliers
Pour ses investissements futurs dans la canne, Tereos se ménage une soupape de sécurité avec l’arrivée de 11 coopératives céréalières à hauteur de 33 % dans le capital de Tereos Agro-industrie. Filiale à 67 % de Tereos participations, cette société regroupe les activités céréalières de l’industriel mais également celles relatives au sucre de canne au Brésil et à la Réunion. Il ne s’agit pour l’instant que d’une réorganisation du capital, les coopératives participantes étant partenaires de longue date de Tereos sur l’éthanol et l’amidon. Mais ces entreprises pourraient être solliciter en priorité en cas d’opération de croissance externe, notamment.
Tereos a aussi des ambitions au niveau européen. Dans le cadre de la réforme de l’OCM sucre, « la restructuration des sociétés sucrières n’est peut-être pas terminée au niveau européen, a notamment souligné Philippe Duval. Tereos s’efforcera de participer aux reclassements ». Le groupe affiche en tout cas de nettes ambitions pour l’avenir. Comme l’a indiqué Philippe Duval le 10 mars, « doubler notre capacité dans les 5 ans fait partie plus ou moins de nos objectifs ».

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