Avec un chiffre d’affaires 2007/2008 en hausse de 60 % par rapport à la campagne précédente, le groupe sucrier Tereos s’affiche plutôt serein face aux conséquences de la crise financière. L’industriel se réjouit de la diversification qu’il a entamée depuis plusieurs années.
«Une entreprise comme Tereos sera peu touchée par les conséquences de la crise financière », a indiqué Philippe Duval, président du directoire du groupe sucrier, en conférence de presse le 5 mars à Paris. Le groupe part sur des bases positives, après un exercice 2007/2008 jugé « satisfaisant » par son président, malgré un « environnement difficile ». Venue en 2007 grossir Syral, filiale du groupe, Talfiie, ancienne division amidon et alcool du britannique Tate and Lyle, a donné un coup de fouet aux indicateurs financiers de l’industriel. Le chiffre d’affaires et l’Ebitda Indicateur financier anglo-saxon proche de l’excédent brut d’exploitation ont augmenté respectivement de 60 % et de 40 %, contre 11 % et 15 % hors changement de périmètre.
« Dans la conjoncture actuelle, ces bonnes performances traduisent le bien-fondé de la diversification de ces dernières années », a commenté Renaud Wattinne, directeur général du groupe. Le résultat financier est négatif, « mais c’est le prix à payer », a ajouté le spécialiste, et au final, le résultat net est positif de 82 millions d’euros. Cela grâce entre autres à l’indemnité issue du fonds de restructuration, d’un montant de 105 millions d’euros net, coûts de fermeture des usines déduits.
5 à 10 % de baisse dans le non alimentaire
Pour 2008/2009, le groupe se fixe un objectif de 3,570 milliards d’euros de chiffre d’affaires contre 3,8 milliards en 2007/2008. Pas de réduction anticipée du côté des activités alimentaires : le groupe n’envisage pas de baisse de la consommation de sucre. Mais sur la partie non alimentaire, Philippe Duval prévoit une « baisse de 5 à 10 % », liée au fait qu’une partie des clients de la gamme se trouve dans des secteurs en difficulté, comme la papeterie ou l’équipement automobile. Le groupe envisage sinon un Ebitda de 430 millions d’euros, en nette hausse par rapport à 2007/2008. Les secteurs du sucre, de l’alcool-éthanol et des produits amylacés devraient tous les trois connaître une croissance. « Les clignotants sont nettement au vert », a estimé Philippe Duval.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Taille critique face à la crise
Le marché européen du sucre s’est assaini et retrouve un équilibre après l’abandon de 6 Mt de quotas dans le cadre de la réforme de l’OCM. Pour Renaud Wattinne, le groupe a connu « le creux de la vague » en matière de marges commerciales. Elles devraient repartir à la hausse dès 2009, notamment en sucre. La baisse des prix des céréales mais aussi celle du pétrole doit également être favorable au groupe.
Philippe Duval s’est réjoui d’avoir préparé depuis 5 ans Tereos « à obtenir la taille critique ». Le groupe fait désormais partie des leaders du sucre et de l’amidon en Europe, et occupe le troisième rang des transformateurs de canne au Brésil. Pas de projets ambitieux pour 2009 : « Nous allons nous limiter à des investissements de maintenance tant qu’il y aura la crise », a précisé le président du directoire.